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CAMEROUN : BIENVENU À LA DICTATURE par Haman Mana.
Il faut contrôler l'information. C'est essentiel dans la mise en musique d'une dictature. Une nuée de gazettes stipendiées fait chorus, à chaque toussotement, en répandant la haine par des complots que l'on découvre tous les matins. Aucune fable n'est trop ubuesque, aucun mensonge n'est assez gros, pour justifier les errements d'un système qui salit tout ce qu'il touche... Chaque jour, il y a quelqu'un qui en veut à mort au régime et à sa pérennité, et à son "père" et à sa "mère", les empêchant ainsi de mener la nation vers son "grand destin".
Le pays va mal. Le dire c'est commettre le crime de lèse majesté. L'exprimer, c'est être hostile à la patrie, selon le lexique fleuri de la Justice militaire qui juge des civils.
Jusqu'à où va-t-on aller?
Les âmes sensibles furent choquées par les effigies renversées l'autre jour... Oui, c'est ainsi que s'achèvent les dictatures : ces images chaotiques où des mains vengeresses déboulonnent les statues pendant que d'autres pissent sur les images autrefois sacrées.
CAMEROUN : BIENVENU À LA DICTATURE par Haman Mana.
Il faut contrôler l'information. C'est essentiel dans la mise en musique d'une dictature. Une nuée de gazettes stipendiées fait chorus, à chaque toussotement, en répandant la haine par des complots que l'on découvre tous les matins. Aucune fable n'est trop ubuesque, aucun mensonge n'est assez gros, pour justifier les errements d'un système qui salit tout ce qu'il touche... Chaque jour, il y a quelqu'un qui en veut à mort au régime et à sa pérennité, et à son "père" et à sa "mère", les empêchant ainsi de mener la nation vers son "grand destin".
Le pays va mal. Le dire c'est commettre le crime de lèse majesté. L'exprimer, c'est être hostile à la patrie, selon le lexique fleuri de la Justice militaire qui juge des civils.
Jusqu'à où va-t-on aller?
Les âmes sensibles furent choquées par les effigies renversées l'autre jour... Oui, c'est ainsi que s'achèvent les dictatures : ces images chaotiques où des mains vengeresses déboulonnent les statues pendant que d'autres pissent sur les images autrefois sacrées.

