Pris chez Dan Eboudou...
LA DICTATURE DE BIYA !
« Monsieur Njawé, même si le président de la République est malade, vous devez écrire qu’il est en parfaite santé ! » Leçon magistrale de journalisme de l’Avocat général près de la cour d’appel de la province du Littoral au cours d’un des procès du directeur de publication du quotidien Le Messager. Quelques mois plus tôt, Pius Njawé avait osé s’interroger sur l’état de santé du président Biya à la suite d’un malaise dont il avait été victime alors qu’il présidait la finale de la coupe de football du Cameroun. Un crime de lèse majesté. Le 13 janvier 1998, il est condamné à 24 mois d’emprisonnement ferme et mis aux fers dans la célèbre prison de New-Bell à Douala. L’enfer, la Bastille sous les tropiques. Il partage sa cellule avec plus de 150 codétenus, presque tous des malfrats.
Témoignage.
« Être privé de sa famille, de ses collègues et des gens qu’on aime est un véritable calvaire ; et les larmes que vos pauvres yeux peuvent lâcher au détour d’un regard témoignent moins du fait d’être derrière les barreaux, que des peines et des souffrances que votre absence peut provoquer de part et d’autre. Mes larmes, je les versais dans les bras de Jane, ma défunte épouse, ou dans ceux de mes enfants, en voyant toutes ces souffrances qu’ils devaient endurer pour me rendre visite en prison ; comme si mon absence à leurs côtés ne suffisait pas à mes bourreaux pour leur épargner ces autres souffrances. Je n’avais pas pu faire l’économie de mes larmes lorsque Jane accoucha d’un mort-né le 9 janvier 1998 (à quatre jours de mon procès), à la suite des violences physiques exercées sur elle la veille alors qu’elle m’apportait à manger, par des gardiens de prison qui n’avaient pas eu pitié de cette grossesse à terme qu’elle portait ».
# SURVIE
LA DICTATURE DE BIYA !
« Monsieur Njawé, même si le président de la République est malade, vous devez écrire qu’il est en parfaite santé ! » Leçon magistrale de journalisme de l’Avocat général près de la cour d’appel de la province du Littoral au cours d’un des procès du directeur de publication du quotidien Le Messager. Quelques mois plus tôt, Pius Njawé avait osé s’interroger sur l’état de santé du président Biya à la suite d’un malaise dont il avait été victime alors qu’il présidait la finale de la coupe de football du Cameroun. Un crime de lèse majesté. Le 13 janvier 1998, il est condamné à 24 mois d’emprisonnement ferme et mis aux fers dans la célèbre prison de New-Bell à Douala. L’enfer, la Bastille sous les tropiques. Il partage sa cellule avec plus de 150 codétenus, presque tous des malfrats.
Témoignage.
« Être privé de sa famille, de ses collègues et des gens qu’on aime est un véritable calvaire ; et les larmes que vos pauvres yeux peuvent lâcher au détour d’un regard témoignent moins du fait d’être derrière les barreaux, que des peines et des souffrances que votre absence peut provoquer de part et d’autre. Mes larmes, je les versais dans les bras de Jane, ma défunte épouse, ou dans ceux de mes enfants, en voyant toutes ces souffrances qu’ils devaient endurer pour me rendre visite en prison ; comme si mon absence à leurs côtés ne suffisait pas à mes bourreaux pour leur épargner ces autres souffrances. Je n’avais pas pu faire l’économie de mes larmes lorsque Jane accoucha d’un mort-né le 9 janvier 1998 (à quatre jours de mon procès), à la suite des violences physiques exercées sur elle la veille alors qu’elle m’apportait à manger, par des gardiens de prison qui n’avaient pas eu pitié de cette grossesse à terme qu’elle portait ».
# SURVIE

