On imagine bien l’embarras du régime de Paul Biya : Israël est un allié proche, et même vital, chargé notamment de la formation des unités d’élite de l’armée camerounaise. Or celles-ci sont très sollicitées ces dernières années : alors que le nord du pays est gangrené par les incursions de la secte islamiste Boko Haram venu du Nigeria voisin, l’ouest anglophone est, depuis fin 2017, le théâtre d’une guerre sanglante à huis clos entre séparatistes et forces régulières. La rapidité de la réaction de Yaoundé permettra certainement d’éteindre la polémique sans prendre le risque de se priver des conseillers militaires israéliens.
Mais au-delà , ce que Momo a dit avec une spontanéité inquiétante révèle autre chose : la tentation du pouvoir en place de jouer avec les démons ethniques pour désamorcer une crise politique. Maurice Kamto, le leader emprisonné, est de l’ethnie bamiléké, plus grand groupe ethnique du Cameroun, estimé à près de 25% de la population. Mais les Bamiléké sont surtout la cible d’attaques récurrentes depuis l’indépendance. Régulièrement stigmatisés et soupçonnés de vouloir prendre le pouvoir, ils se sont souvent tenus à l’écart de la politique pour investir, avec un certain succès, l’économie.
Mais au-delà , ce que Momo a dit avec une spontanéité inquiétante révèle autre chose : la tentation du pouvoir en place de jouer avec les démons ethniques pour désamorcer une crise politique. Maurice Kamto, le leader emprisonné, est de l’ethnie bamiléké, plus grand groupe ethnique du Cameroun, estimé à près de 25% de la population. Mais les Bamiléké sont surtout la cible d’attaques récurrentes depuis l’indépendance. Régulièrement stigmatisés et soupçonnés de vouloir prendre le pouvoir, ils se sont souvent tenus à l’écart de la politique pour investir, avec un certain succès, l’économie.

