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Toli Sous le Manguier

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Londonien Londonien a écrit le 5 février 2019 à 20h53
Branle-bas de combat

Tollé immédiat ! Les propos antisémites du ministre se répandent comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Et dans la foulée, à trois heures du matin, dans la nuit de dimanche à lundi, l’ambassade israélienne au Cameroun publie un communiqué officiel virulent dans lequel elle se dit «outragée par cette sortie». Branle-bas de combat, quelques heures plus tard, le gouvernement camerounais répond, lui aussi par un communiqué, dans lequel il précise que Momo «s’exprimait à titre personnel».

On imagine bien l’embarras du régime de Paul Biya : Israël est un allié proche, et même vital, chargé notamment de la formation des unités d’élite de l’armée camerounaise. Or celles-ci sont très sollicitées ces dernières années : alors que le nord du pays est gangrené par les incursions de la secte islamiste Boko Haram venu du Nigeria voisin, l’ouest anglophone est, depuis fin 2017, le théâtre d’une guerre sanglante à huis clos entre séparatistes et forces régulières. La rapidité de la réaction de Yaoundé permettra certainement d’éteindre la polémique sans prendre le risque de se priver des conseillers militaires israéliens.

Mais au-delà, ce que Momo a dit avec une spontanéité inquiétante révèle autre chose : la tentation du pouvoir en place de jouer avec les démons ethniques pour désamorcer une crise politique. Maurice Kamto, le leader emprisonné, est de l’ethnie bamiléké, plus grand groupe ethnique du Cameroun, estimé à près de 25% de la population. Mais les Bamiléké sont surtout la cible d’attaques récurrentes depuis l’indépendance. Régulièrement stigmatisés et soupçonnés de vouloir prendre le pouvoir, ils se sont souvent tenus à l’écart de la politique pour investir, avec un certain succès, l’économie.

Course

Ce qui n’a pas empêché Maurice Kamto, ex-ministre en rupture de ban depuis 2011, de se lancer dans la course présidentielle en octobre, ratissant bien plus large que sa propre ethnie. L’issue du scrutin a officiellement permis à Paul Biya de se maintenir en place après trente-six ans de pouvoir. Mais Kamto, et ses nombreux sympathisants, n’ont jamais reconnu les chiffres officiels du scrutin. Et c’est dans ce climat délétère que la stigmatisation des Bamiléké a refait surface dans les médias proches du régime.

Momo lui aussi d’ailleurs est bamiléké. Sa tirade antisémite se voulait d’abord un
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