Un poème du poète Maurice Kamto :
CAMPAGNE
C'est la terre des outrances
des paroles stressées. Abondantes.
Terre mutilée belle et rebelle
J'ai mesuré la géométrie de tes peurs
de tes malheurs, qui croissent
à proportion de tes défaites scellées
J'en ai arpenté chaque acre – tu le sais –
jusqu'à faire corps avec tes détresses
C'est une terre d'opulence captive
qui se repaît de ses blessures
et rêve de dignité
Terre des transports fugaces
qui meurent avec la nuit
Avec toi j'ai communié – souviens-t-en –
sur tant d'esplanades étoilées
Jusqu'Ã sentir mon pouls battre
au rythme enfiévré du tien
En moi survit intact
l'amas figé des corps ardents
la ferveur des cris mêlés
fondus dans une même espérance
Sur la route longue de contrées perdues
courant vers des destinées singulières
la colère des orages a succédé parfois
aux débordements de l'azur des joies palpitantes
Je ressens encore la douceur de la brume mouillée,
voile de fraîcheur sur la face du jour au réveil
Elle faisait renaître la vie dans chaque motte de terre
bêchée, chaque regard croisé
M'habite toujours la mémoire éblouie
des mains innombrables au bout des bras tendus
qui se pâmaient des chants de la fraternité nouvelle.
MAURICE KAMTO
CAMPAGNE
C'est la terre des outrances
des paroles stressées. Abondantes.
Terre mutilée belle et rebelle
J'ai mesuré la géométrie de tes peurs
de tes malheurs, qui croissent
à proportion de tes défaites scellées
J'en ai arpenté chaque acre – tu le sais –
jusqu'à faire corps avec tes détresses
C'est une terre d'opulence captive
qui se repaît de ses blessures
et rêve de dignité
Terre des transports fugaces
qui meurent avec la nuit
Avec toi j'ai communié – souviens-t-en –
sur tant d'esplanades étoilées
Jusqu'Ã sentir mon pouls battre
au rythme enfiévré du tien
En moi survit intact
l'amas figé des corps ardents
la ferveur des cris mêlés
fondus dans une même espérance
Sur la route longue de contrées perdues
courant vers des destinées singulières
la colère des orages a succédé parfois
aux débordements de l'azur des joies palpitantes
Je ressens encore la douceur de la brume mouillée,
voile de fraîcheur sur la face du jour au réveil
Elle faisait renaître la vie dans chaque motte de terre
bêchée, chaque regard croisé
M'habite toujours la mémoire éblouie
des mains innombrables au bout des bras tendus
qui se pâmaient des chants de la fraternité nouvelle.
MAURICE KAMTO

