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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Eva Eva a écrit le 22 octobre 2018 à 13h36
-j'ai été dans l'extrême-nord où j'ai tenu des meetings souvent à minuit avec au rendez-vous toujours au moins mille personnes.

-- j'étais à Belel dans l'Adamaoua ; j'ai vu des femmes pleurer leur souffrance; les populations de Tello et de Idool, apprenant que j'allais traversé leurs villages ont érigé des barrières humaines sur la route pour m'obliger à les rencontrer une seconde. Ils ont fait sortir tout le monde en me promettant de m'aider à résoudre leurs problèmes. Ils n'avaient pas besoin de pain et de sardine, m'a dit un jeune de Tignere; ils avaient besoin d'eau potable, d'électricité, de route, d'école pour leurs enfants, d'hôpitaux et surtout de sécurité contre des kidnappeurs très présents dans ces zones reculées de l'Adamaoua. Je suis arrivé à Nganha'a à 23h30 quand il pleuvait. Ce que j'y ai vu avec ces yeux m'a donné de la chair de poule. À 23h30 la population de Nganha'a était là à m'attendre malgré la pluie. C'était des hommes et des femmes. Il y'en avait une qui tétait son bébé de moins d'un an. Juste à voir cette femme, cette mère et son bébé dans cette tribune, j'ai réalisé à quel point le peuple avait besoin de changement; combien il en avait soif. Pendant une minute je n'ai pas parlé à l'assistance. Je ne pouvais pas. Je sentais que si j'ouvrais ma bouche devant ce paysage mouillé d'une réalité choquante, c'était mes larmes et non mes mots qu'on aurait entendues. Je me suis repris rapidement et j'ai pu tenir mon meeting jusqu'à minuit et plus.
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