A lire la Reaction Achille Membe
Achille Mbembe: [la situation] est déjà passablement compliquée. Et malheureusement tout indique que elle va se compliquer davantage encore. D'une part parce que la candidature de Monsieur Biya après 36 ans de règne est une candidature de trop. Le Cameroun a besoin de changer de cap, de fond en comble. Et après 36 ans d'immobilisme et d'abandon, l'impératif en ce moment est de faire redémarrer ce pays dont la stabilité est cruciale pour l'ensemble de la sous-région, voire pour l'ensemble du continent. Or, les élections qui viennent de se dérouler dans les conditions que l'on sait, c'est à dire avec une guerre civile en cours en région anglophone, une guerre anti-terroriste au nord contre Boko Haram, une loi électorale tout à fait unique dans le sens où elle est faite sur mesure et permet l'élection d'un président sans légitimité, à la minorité, à cause d'un système d'une élection à un tour… Tout cela fait que la situation risque de se compliquer davantage. Et si je comprends bien, Monsieur Kamto s'est auto-proclamé président. La réaction du pouvoir en place risque d'être ce qu'elle a toujours été : c’est à dire dire plus de brutalité, plus de violence, plus de corruption.
Est ce que vous pensez que c'est la bonne façon de Monsieur Kamto de faire?
Je ne veux pas me prononcer sur la bonne façon. Ce que l'on sait c'est que dans des situations comparables en Afrique, l'opposition doit aller aux élections, si elle veut y participer, derrière un candidat. On n'a pas du tout d'exemple en Afrique où une dictature est mise à la porte avec une opposition en rangs dispersés. Cela n'a pas été le cas. Ceci dit : la question de la légitimité de ce régime, c'est la question qu'il nous faut poser.
Apparemment il a été soutenu par Akere Muna qui s'est désisté au profit de Maurice Kamto. Qu'est ce que cela va engendrer maintenant?
Kamerun Präsidentschaftswahlen Kandidat Maurice Kamto
Maurice Kamto
Je ne voudrais pas faire le procès de l'opposition. L'opposition au Cameroun, elle est limitée, ça on le sait. Elle travaille dans des conditions assez pénibles, du fait de la structure du pouvoir dans le pays. Elle part dans la compétition avec beaucoup de handicaps, à la fois financiers, logistiques, infrastructurels et ainsi de suite. On aurait souhaité que les principaux leaders de l'opposition lors de cette élection eussent fait un
Achille Mbembe: [la situation] est déjà passablement compliquée. Et malheureusement tout indique que elle va se compliquer davantage encore. D'une part parce que la candidature de Monsieur Biya après 36 ans de règne est une candidature de trop. Le Cameroun a besoin de changer de cap, de fond en comble. Et après 36 ans d'immobilisme et d'abandon, l'impératif en ce moment est de faire redémarrer ce pays dont la stabilité est cruciale pour l'ensemble de la sous-région, voire pour l'ensemble du continent. Or, les élections qui viennent de se dérouler dans les conditions que l'on sait, c'est à dire avec une guerre civile en cours en région anglophone, une guerre anti-terroriste au nord contre Boko Haram, une loi électorale tout à fait unique dans le sens où elle est faite sur mesure et permet l'élection d'un président sans légitimité, à la minorité, à cause d'un système d'une élection à un tour… Tout cela fait que la situation risque de se compliquer davantage. Et si je comprends bien, Monsieur Kamto s'est auto-proclamé président. La réaction du pouvoir en place risque d'être ce qu'elle a toujours été : c’est à dire dire plus de brutalité, plus de violence, plus de corruption.
Est ce que vous pensez que c'est la bonne façon de Monsieur Kamto de faire?
Je ne veux pas me prononcer sur la bonne façon. Ce que l'on sait c'est que dans des situations comparables en Afrique, l'opposition doit aller aux élections, si elle veut y participer, derrière un candidat. On n'a pas du tout d'exemple en Afrique où une dictature est mise à la porte avec une opposition en rangs dispersés. Cela n'a pas été le cas. Ceci dit : la question de la légitimité de ce régime, c'est la question qu'il nous faut poser.
Apparemment il a été soutenu par Akere Muna qui s'est désisté au profit de Maurice Kamto. Qu'est ce que cela va engendrer maintenant?
Kamerun Präsidentschaftswahlen Kandidat Maurice Kamto
Maurice Kamto
Je ne voudrais pas faire le procès de l'opposition. L'opposition au Cameroun, elle est limitée, ça on le sait. Elle travaille dans des conditions assez pénibles, du fait de la structure du pouvoir dans le pays. Elle part dans la compétition avec beaucoup de handicaps, à la fois financiers, logistiques, infrastructurels et ainsi de suite. On aurait souhaité que les principaux leaders de l'opposition lors de cette élection eussent fait un

