Pour le reste, je me sens dans mon bon droit, n’en déplaise aux pleureuses et aux vierges effarouchées. Le Cameroun est un pays où on a pris, hélas, l’habitude d’attendre. Sous Paul Biya, les populations ont été «zombifiées», tétanisées. On a longtemps eu l’impression dans ce pays d’une sorte de syndrome de Stockholm, où les gens finissaient par aimer leurs bourreaux. Dans mes meetings pourtant, j’ai eu le sentiment que les gens reprenaient goût à l’espoir. Et comment peut-on croire un instant que les Camerounais seraient aujourd’hui capables de reconduire au pouvoir par les urnes un homme de 85 ans, qui a régné sans partage depuis trente-six ans, a lancé tant de chantiers dont aucun n’a été achevé, alors que tous ont même été surfacturés ? J’ai parcouru le pays pendant cette campagne, il faut voir l’état des routes, les classes avec 150 élèves, l’état sanitaire lamentable du pays… Qui a décrété que le pouvoir était octroyé à vie ? C’est pourtant ce que vient d’affirmer un lieutenant du Biya en déclarant qu’un chef bantou meurt au pouvoir. Et ça ne fait réagir personne ?
Lundi, peu avant que vous proclamiez votre victoire, votre QG et votre domicile à Yaoundé ont été encerclés par les forces de l’ordre. On dit également que votre directeur de campagne se cache après avoir été directement menacé. Vous sentez-vous en danger ?
Non, je ne suis pas habité par la peur, je refuse de vivre dans la psychose. Même si je vois bien que je suis suivi partout où je vais. Pour mon directeur de campagne, je n’ai pas encore de nouvelles, mais je sais qu’un autre représentant de mon parti a été enlevé à Douala, puis libéré. Ses geôliers l’avaient pris pour mon directeur de campagne. Pour le reste, j’étais plutôt heureux dans ma vie de prof d’université. Je suis rentré en politique en assumant les risques, pour un combat que je considère comme noble.
N’avez-vous pas peur de pousser vos militants à affronter les forces de l’ordre dans la rue, en cas de non-reconnaissance de ce que vous considérez comme votre victoire ?
Relisez ma déclaration : je n’ai jamais incité à l’insurrection. J’ai parlé de «changement dans la paix», j’ai offert des garanties d’immunité au président sortant. Nous allons pacifiquement mais fermement défendre les résultats que nous avons compilés. Mais la légalité ne vaut que si les lois sont justes. Cessons de c
Lundi, peu avant que vous proclamiez votre victoire, votre QG et votre domicile à Yaoundé ont été encerclés par les forces de l’ordre. On dit également que votre directeur de campagne se cache après avoir été directement menacé. Vous sentez-vous en danger ?
Non, je ne suis pas habité par la peur, je refuse de vivre dans la psychose. Même si je vois bien que je suis suivi partout où je vais. Pour mon directeur de campagne, je n’ai pas encore de nouvelles, mais je sais qu’un autre représentant de mon parti a été enlevé à Douala, puis libéré. Ses geôliers l’avaient pris pour mon directeur de campagne. Pour le reste, j’étais plutôt heureux dans ma vie de prof d’université. Je suis rentré en politique en assumant les risques, pour un combat que je considère comme noble.
N’avez-vous pas peur de pousser vos militants à affronter les forces de l’ordre dans la rue, en cas de non-reconnaissance de ce que vous considérez comme votre victoire ?
Relisez ma déclaration : je n’ai jamais incité à l’insurrection. J’ai parlé de «changement dans la paix», j’ai offert des garanties d’immunité au président sortant. Nous allons pacifiquement mais fermement défendre les résultats que nous avons compilés. Mais la légalité ne vaut que si les lois sont justes. Cessons de c

