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RFI : Paul Biya se présente comme un homme calme et pondéré qui apporte aux Camerounais la stabilité depuis 36 ans. Est-ce que ce n’est pas un bon argument de campagne ?
Maurice Kamto : S’il se perçoit lui-même comme pondéré, tant mieux. Mais je pense qu’il y a des responsabilités que l’on doit assumer comme chef de l’Etat. Je pense en particulier à la gestion de ce que nous appelons ici chez nous au Cameroun « la crise anglophone ». Je ne crois pas que l’on puisse dire que le chef de l’Etat a géré ou gère cette crise au mieux des intérêts des populations camerounaises. Autant j’ai été extrêmement clair que nous n’accepterons jamais la sécession, la partition du Cameroun ; autant je crois et j’estime, c’est aussi l’attente de la majorité des Camerounais, que l’on doit être à l’écoute des Camerounais où qu’ils se trouvent lorsqu’ils estiment qu’ils ont un problème. Et de ce point de vue, le chef de l’Etat camerounais a laissé les choses aller, et aller malheureusement de travers.
RFI : Paul Biya se présente comme un homme calme et pondéré qui apporte aux Camerounais la stabilité depuis 36 ans. Est-ce que ce n’est pas un bon argument de campagne ?
Maurice Kamto : S’il se perçoit lui-même comme pondéré, tant mieux. Mais je pense qu’il y a des responsabilités que l’on doit assumer comme chef de l’Etat. Je pense en particulier à la gestion de ce que nous appelons ici chez nous au Cameroun « la crise anglophone ». Je ne crois pas que l’on puisse dire que le chef de l’Etat a géré ou gère cette crise au mieux des intérêts des populations camerounaises. Autant j’ai été extrêmement clair que nous n’accepterons jamais la sécession, la partition du Cameroun ; autant je crois et j’estime, c’est aussi l’attente de la majorité des Camerounais, que l’on doit être à l’écoute des Camerounais où qu’ils se trouvent lorsqu’ils estiment qu’ils ont un problème. Et de ce point de vue, le chef de l’Etat camerounais a laissé les choses aller, et aller malheureusement de travers.

