ACTE III
Monsieur le Président,
Cela va bientôt faire deux ans que le Cameroun voit ses enfants s'entretuer :
? Les uns, parce que réclamant légitimement une juste répartition des fruits de la croissance
? Les autres parce que ne pouvant plus supporter les humiliations dont ils sont victimes, relégués des décennies durant à la portion congrue, et ne trouvant refuge et exutoire que dans une extrême et douloureuse sécession.
Aux uns et aux autres le pouvoir répond par une fin de non-recevoir dans sa sempiternelle superbe, avec en prime une ferme volonté de les repousser tous dans leurs derniers retranchements en leur opposant les forces armées qui, traditionnellement, constituent la puissance militaire du pays chargée de la défense de la population, du territoire et des intérêts nationaux. Les voilà devenues la terreur du peuple, et désormais utilisées pour réduire au silence ceux des Camerounais qui osent exprimer leurs opinions dans un sens différent du vôtre… et personnellement, j'en sais quelque chose :
En 1990, pour avoir réuni autour de moi un certain nombre de concitoyens dans le but de réfléchir sur les raisons de l'incapacité de notre pays à décoller, malgré son inestimable potentiel, vous avez instruit vos services de nous embastiller. Notre crime ? Avoir osé appeler le peuple à exiger de vous - ''pacifiquement''- le respect de la Constitution qui plaçait le pays sur le plan politique sous le règne du multipartisme au contraire de cette pratique anticonstitutionnelle décriée qui imposait au pays le parti unique, véritable voie de fait donc qui mettait sous le boisseau cette disposition de notre loi fondamentale aux termes de laquelle, ''les partis concouraient à l'expression du suffrage''.
Vous seul, Monsieur le Président, pouviez alors apprécier qui serait subversif, celui qui demande le respect de la constitution ou celui qui s'oppose à son application.
Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts… des partis politiques ont fusé et fusent de toutes parts pour alimenter votre discours, vous qui souhaitez que l'histoire retienne de vous que « vous êtes l'homme qui a apporté au pays la démocratie », oubliant que multipartisme sans culture démocratique n'est qu'un leurre, que dis-je, un véritable miroir aux alouettes.
Monsieur le Président,
Cela va bientôt faire deux ans que le Cameroun voit ses enfants s'entretuer :
? Les uns, parce que réclamant légitimement une juste répartition des fruits de la croissance
? Les autres parce que ne pouvant plus supporter les humiliations dont ils sont victimes, relégués des décennies durant à la portion congrue, et ne trouvant refuge et exutoire que dans une extrême et douloureuse sécession.
Aux uns et aux autres le pouvoir répond par une fin de non-recevoir dans sa sempiternelle superbe, avec en prime une ferme volonté de les repousser tous dans leurs derniers retranchements en leur opposant les forces armées qui, traditionnellement, constituent la puissance militaire du pays chargée de la défense de la population, du territoire et des intérêts nationaux. Les voilà devenues la terreur du peuple, et désormais utilisées pour réduire au silence ceux des Camerounais qui osent exprimer leurs opinions dans un sens différent du vôtre… et personnellement, j'en sais quelque chose :
En 1990, pour avoir réuni autour de moi un certain nombre de concitoyens dans le but de réfléchir sur les raisons de l'incapacité de notre pays à décoller, malgré son inestimable potentiel, vous avez instruit vos services de nous embastiller. Notre crime ? Avoir osé appeler le peuple à exiger de vous - ''pacifiquement''- le respect de la Constitution qui plaçait le pays sur le plan politique sous le règne du multipartisme au contraire de cette pratique anticonstitutionnelle décriée qui imposait au pays le parti unique, véritable voie de fait donc qui mettait sous le boisseau cette disposition de notre loi fondamentale aux termes de laquelle, ''les partis concouraient à l'expression du suffrage''.
Vous seul, Monsieur le Président, pouviez alors apprécier qui serait subversif, celui qui demande le respect de la constitution ou celui qui s'oppose à son application.
Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts… des partis politiques ont fusé et fusent de toutes parts pour alimenter votre discours, vous qui souhaitez que l'histoire retienne de vous que « vous êtes l'homme qui a apporté au pays la démocratie », oubliant que multipartisme sans culture démocratique n'est qu'un leurre, que dis-je, un véritable miroir aux alouettes.

