ACTE II
Lettre de Me Yondo au président Biya: «Le bilan de vos 35 années de pouvoir au sommet le plus élevé de l'Etat est une véritable calamité, un désastre.N'ayons pas peur des mots». Vous étiez pourtant outillé pour faire entrer le Cameroun dans la modernité avec tout son potentiel tant sur le plan humain que sur les plans géologique, hydrologique, naturel. Qu'en avez-vous fait en 35 ans ?
Il va de la vie d'un Etat comme il va de la vie d'un homme. Aussi faut-il savoir à un moment faire le point. J'ai envie de dire qu'il faut avoir le courage de faire son bilan. Il ne s'agit nullement d'un état-inventaire qui s'apparenterait à de l'autosatisfaction, mais d'une démarche critique et complète qui doit vous permettre à un moment donné de votre vie de savoir où vous êtes, de faire le point sur votre parcours tant bien que mal et vos souhaits pour l'avenir.
Monsieur le Président,
Je suis un patriote qui observe en silence mais attentivement ce qui se passe au pays et qui a payé de sa liberté dans son rêve d'un Cameroun nouveau.
A votre accession au pouvoir, c'est-à -dire à la tête du gouvernement de notre pays, vos maîtres-mots ont été : Rigueur et Moralisation, un véritable jugement de condamnation, sans rémission et sans appel, du gouvernement et de l'homme qui était alors à sa tête, El Hadj Ahmadou Ahidjo, que vous, technocrate chevronné, avez pourtant servi sans réserve des années durant. Ce disant, à nos yeux, le Cameroun sortait bien d'un système autoritaire, sans foi ni loi, laxiste, loin de toute vertu. Et tous ceux qui en avaient assez de ce régime, et Dieu seul sait qu'ils étaient nombreux, ne pouvaient qu'applaudir des deux mains. C'est pourquoi vous avez connu cet état de grâce, si mémorable ! Aujourd'hui, tous disent que bien mal leur en a pris, et que de regrets ! Vous avez en effet réalisé l'exploit de faire regretter le Président Ahidjo. Qui l'eut prédit ? Qui l'eut cru ? C'est une véritable offense à celui qui vous avait fait roi. C'est somme toute de l'ingratitude !
Et pourtant, c'est sous votre gouvernance que 'le Cameroun se fera attribuer à la pelle de bien tristes records : pays le plus corrompu au monde, pays pauvre très endetté, Etat voyou… Faut-il en rire ou en pleurer?
Vous avez inauguré un mode de gouvernance essentiellement marqué par des absences répétées du pays, à telle enseigne que votre présence sur le sol camerouna
Lettre de Me Yondo au président Biya: «Le bilan de vos 35 années de pouvoir au sommet le plus élevé de l'Etat est une véritable calamité, un désastre.N'ayons pas peur des mots». Vous étiez pourtant outillé pour faire entrer le Cameroun dans la modernité avec tout son potentiel tant sur le plan humain que sur les plans géologique, hydrologique, naturel. Qu'en avez-vous fait en 35 ans ?
Il va de la vie d'un Etat comme il va de la vie d'un homme. Aussi faut-il savoir à un moment faire le point. J'ai envie de dire qu'il faut avoir le courage de faire son bilan. Il ne s'agit nullement d'un état-inventaire qui s'apparenterait à de l'autosatisfaction, mais d'une démarche critique et complète qui doit vous permettre à un moment donné de votre vie de savoir où vous êtes, de faire le point sur votre parcours tant bien que mal et vos souhaits pour l'avenir.
Monsieur le Président,
Je suis un patriote qui observe en silence mais attentivement ce qui se passe au pays et qui a payé de sa liberté dans son rêve d'un Cameroun nouveau.
A votre accession au pouvoir, c'est-à -dire à la tête du gouvernement de notre pays, vos maîtres-mots ont été : Rigueur et Moralisation, un véritable jugement de condamnation, sans rémission et sans appel, du gouvernement et de l'homme qui était alors à sa tête, El Hadj Ahmadou Ahidjo, que vous, technocrate chevronné, avez pourtant servi sans réserve des années durant. Ce disant, à nos yeux, le Cameroun sortait bien d'un système autoritaire, sans foi ni loi, laxiste, loin de toute vertu. Et tous ceux qui en avaient assez de ce régime, et Dieu seul sait qu'ils étaient nombreux, ne pouvaient qu'applaudir des deux mains. C'est pourquoi vous avez connu cet état de grâce, si mémorable ! Aujourd'hui, tous disent que bien mal leur en a pris, et que de regrets ! Vous avez en effet réalisé l'exploit de faire regretter le Président Ahidjo. Qui l'eut prédit ? Qui l'eut cru ? C'est une véritable offense à celui qui vous avait fait roi. C'est somme toute de l'ingratitude !
Et pourtant, c'est sous votre gouvernance que 'le Cameroun se fera attribuer à la pelle de bien tristes records : pays le plus corrompu au monde, pays pauvre très endetté, Etat voyou… Faut-il en rire ou en pleurer?
Vous avez inauguré un mode de gouvernance essentiellement marqué par des absences répétées du pays, à telle enseigne que votre présence sur le sol camerouna

