Ensuite, dans leurs équipes nationales, les Africains anglophones ont reproduit les caractéristiques du football anglais, en profondeur, appuyé sur des ailiers rapides et sur des avants-centres pivots, comme au basket. De leur côté, les joueurs francophones ont été influencés par le beau jeu français, sous l'influence de trois générations d'artistes : celles de Kopa, Platini, Zidane. Aujourd'hui, la mondialisation du football tend à effacer cette césure entre les styles français et anglais.
Quelle différence entre Les Lions Indomptables, du Cameroun, et les Lions de la Teranga, du Sénégal, deux équipes que vous avez entrainées ?
Les Camerounais possèdent une force mentale incroyable, typique de certains pays d'Afrique centrale. A l'époque où j'étais leur sélectionneur, la puissance du regard des joueurs à la sortie du tunnel qui conduit à la pelouse me terrifiait. Psychologiquement, c'est comme si les gars pénétraient sur le terrain avec un but d'avance... A l'inverse, le Sénégal, se définit par son talent fou, par une forme de virtuosité, mais également par une fragilité mentale plus importante.
Les Lions de la Teranga sont beaucoup plus sensibles à la vie d'un match, à son évolution, ses rebondissements. Un match peut leur échapper mentalement en cours de jeu. Les Lions indomptables, eux, continuent à se battre jusqu'au bout, quoi qu'il arrive. De ce point de vue, le Cameroun, ex-protectorat allemand, ressemble à l'Allemagne. Les Sénégalais, eux, sont plus proches des Bleus français.
Sur les cinq équipes africaines du mondial 2018, trois proviennent d'Afrique du Nord -Maroc, Tunisie, Egypte- et deux seulement d'Afrique noire -Sénégal, Nigeria. Pourquoi ?
En matière d'organisation générale, l'Afrique du Nord a une longueur d'avance sur les pays subsahariens. Malgré les soubresauts du printemps arabe, les pays nord-africains ont préservé leurs structures sportives. La Tunisie, par exemple, continue de s'appuyer sur des grands clubs -L'Etoile du Sahel, L'Espérance de Tunis...- et sur des championnats de jeunes qui permettent de détecter et de former les futures générations de joueurs.
Surtout, ce cadre institutionnel oblige à respecter les âges réels des jeunes pousses. A l'inverse, l'état-civil défaillant est un problème endémique en Afrique noire. De nombreuses compétitions de jeunes sont disputées par des joueurs qui ont dépassé cet âge. Dans la cat
Quelle différence entre Les Lions Indomptables, du Cameroun, et les Lions de la Teranga, du Sénégal, deux équipes que vous avez entrainées ?
Les Camerounais possèdent une force mentale incroyable, typique de certains pays d'Afrique centrale. A l'époque où j'étais leur sélectionneur, la puissance du regard des joueurs à la sortie du tunnel qui conduit à la pelouse me terrifiait. Psychologiquement, c'est comme si les gars pénétraient sur le terrain avec un but d'avance... A l'inverse, le Sénégal, se définit par son talent fou, par une forme de virtuosité, mais également par une fragilité mentale plus importante.
Les Lions de la Teranga sont beaucoup plus sensibles à la vie d'un match, à son évolution, ses rebondissements. Un match peut leur échapper mentalement en cours de jeu. Les Lions indomptables, eux, continuent à se battre jusqu'au bout, quoi qu'il arrive. De ce point de vue, le Cameroun, ex-protectorat allemand, ressemble à l'Allemagne. Les Sénégalais, eux, sont plus proches des Bleus français.
Sur les cinq équipes africaines du mondial 2018, trois proviennent d'Afrique du Nord -Maroc, Tunisie, Egypte- et deux seulement d'Afrique noire -Sénégal, Nigeria. Pourquoi ?
En matière d'organisation générale, l'Afrique du Nord a une longueur d'avance sur les pays subsahariens. Malgré les soubresauts du printemps arabe, les pays nord-africains ont préservé leurs structures sportives. La Tunisie, par exemple, continue de s'appuyer sur des grands clubs -L'Etoile du Sahel, L'Espérance de Tunis...- et sur des championnats de jeunes qui permettent de détecter et de former les futures générations de joueurs.
Surtout, ce cadre institutionnel oblige à respecter les âges réels des jeunes pousses. A l'inverse, l'état-civil défaillant est un problème endémique en Afrique noire. De nombreuses compétitions de jeunes sont disputées par des joueurs qui ont dépassé cet âge. Dans la cat

