Aux sources de l’auteur
Pour dresser un véritable portrait des chefs Douala, Achille Mbembe se réfère à des témoignages de missionnaires. Rien de moins. Ce choix, pas anodin, trahit l’objectif ultime qui est de tracer au gros crayon rouge, les tares de cette tribu et ses chefs. Qui prendra réellement au sérieux les « observations » de personnages venus ôter toute âme aux Africains primitifs et leur inculquer les notions supérieures européennes. Fers de lance de la colonisation, nous n’accordons aucune crédibilité à ces violeurs des âmes et des consciences puisqu’ils avaient besoin de ces « analyses sociologiques » pour justifier les forfaits qui suivront. Ce qu’un George Grenfell décrit et qui concerne tous les chefs de la côte ouest-africaine, est-il différent de ce que les autres explorateurs ont dit de ces chefs tribaux ? De ce malheureux missionnaire, on rapportera ceci : « Here he made acquaintance with that pitiful mixture of savagery and civilization so characteristic of the West coast of Africa—kings dressed like dignified scarecrows, chiefs who would cringe for a bit of tobacco, men rejoicing in such names as Brass Pan, Pocket, and Liverpool Joss, women with a dozen brooches fastened in their hair for lack of a dress to pin them to. And combined with all this, as if to prevent the onlooker from regarding it lightly as mere pantomime, there was stark naked heathenism with its superstitions, its cruelties, its hopelessness. » Pour mémoire, on se souviendra de comment furent présentés aux « nations civilisées » tous les chefs, rois ou empereurs croisés sur le chemin de la colonisation. Dans ce cas précis, la mission chrétienne des européens reste et demeure un objectif d’abrutissement collectif contenu dans la chaîne des cinq C de la conquête des nouveaux territoires du monde : « Curiosité, Civilisation, Christianisation, Commerce, Colonisation ». Contrairement à ce que conclut Monsieur Mbembe, ce ne sont pas ces « esprits oisifs rompus à des habitudes sanguinaires et responsables du cortège de cruautés et de la corruption qui conduiront finalement à la dissolution des sociétés autochtones de l’époque ».
Pour dresser un véritable portrait des chefs Douala, Achille Mbembe se réfère à des témoignages de missionnaires. Rien de moins. Ce choix, pas anodin, trahit l’objectif ultime qui est de tracer au gros crayon rouge, les tares de cette tribu et ses chefs. Qui prendra réellement au sérieux les « observations » de personnages venus ôter toute âme aux Africains primitifs et leur inculquer les notions supérieures européennes. Fers de lance de la colonisation, nous n’accordons aucune crédibilité à ces violeurs des âmes et des consciences puisqu’ils avaient besoin de ces « analyses sociologiques » pour justifier les forfaits qui suivront. Ce qu’un George Grenfell décrit et qui concerne tous les chefs de la côte ouest-africaine, est-il différent de ce que les autres explorateurs ont dit de ces chefs tribaux ? De ce malheureux missionnaire, on rapportera ceci : « Here he made acquaintance with that pitiful mixture of savagery and civilization so characteristic of the West coast of Africa—kings dressed like dignified scarecrows, chiefs who would cringe for a bit of tobacco, men rejoicing in such names as Brass Pan, Pocket, and Liverpool Joss, women with a dozen brooches fastened in their hair for lack of a dress to pin them to. And combined with all this, as if to prevent the onlooker from regarding it lightly as mere pantomime, there was stark naked heathenism with its superstitions, its cruelties, its hopelessness. » Pour mémoire, on se souviendra de comment furent présentés aux « nations civilisées » tous les chefs, rois ou empereurs croisés sur le chemin de la colonisation. Dans ce cas précis, la mission chrétienne des européens reste et demeure un objectif d’abrutissement collectif contenu dans la chaîne des cinq C de la conquête des nouveaux territoires du monde : « Curiosité, Civilisation, Christianisation, Commerce, Colonisation ». Contrairement à ce que conclut Monsieur Mbembe, ce ne sont pas ces « esprits oisifs rompus à des habitudes sanguinaires et responsables du cortège de cruautés et de la corruption qui conduiront finalement à la dissolution des sociétés autochtones de l’époque ».

