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Achilou Achilou a écrit le 29 mai 2018 à 14h14
UNE LONGUE TRADITION DE CHEFS-VANDALES - Achille Mbembe

L'histoire des chefs des regions côtières du Cameroun est loin d'être reluisante.

Dans une lettre qu'il leur adressa en 1884, le Consul anglais Hewett qualifiait ceux de Douala en particulier de "gros imbeciles".

Plus grave, il les accusait, entre autres, de s'être "vendus a l'Allemagne". Déçu, dira-t-on, de n'avoir pu décrocher, au profit de Sa Majesté la Reine d'Angleterre, le petit joyau au fond du golfe de Guinée.

Mais deja, en 1881, le missionnaire George Grenfell parlait d'eux comme "de pauvres gens incapables de se gouverner eux-mêmes".

D'autres sources (missionnaires notamment), les présentent comme des affairistes et trafiquants, esprits oisifs rompus a des habitudes sanguinaires et responsables du cortege de cruautés et de la corruption qui conduiront finalement a la dissolution des sociétés autochtones de l'époque.

En effet, du cote de Bimbia, leur rapacité est légendaire. Negriers pour leur propre compte, ils "vendent" les leurs a des négociants européens contre du tabac, des miroirs, de l'alcool et de la quincaillerie.

Montrant d'ores et deja des signes d'asservissement volontaire et de lobotomie culturelle, certains se parent des "noms d'oiseaux" - King William, Dick Merchant, Yellow Money, Duke ceci et Duke cela et ainsi de suite.

Tour a tour, ils signent des traites dont les clauses accordent a différentes puissances étrangères le droit d'intervenir directement dans les affaires intérieures de leurs communautés. Viendraient-ils a ne pas respecter les clauses des différents traites, ils acceptent de se soumettre a de sévères sanctions du gouvernement britannique.

Les chefs indigenes de Douala n'agissent pas différemment. En 1856, ils signent un traite qui institue a Douala une Cour dite d'équité - une veritable farce.

Entre autres, les potentats admettent qu'ils pratiquent des "coutumes barbares et inhumaines" et acceptent d'être déportés a Fernando Po au cas ou ils transgresseraient les clauses servant désormais a reguler leur assujettissement volontaire.

Des la fin des années 1870, ils entreprennent une vaste campagne visant a se placer, illico, sous la domination anglaise.

En 1879, ils lui adressent une seconde doléance dans laquelle ils demandent qu'un "gouvernement anglais" soit établi au Cameroun et préconisent que "toutes les lois et coutumes [autochtones] soient abandonn
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