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JOHN BARRICK JOHN BARRICK a écrit le 24 avril 2018 à 11h33
Expulsion du port de Conakry
L'affaire avait déjà défrayé la chronique en Afrique. En mars 2011, le nouveau président de Guinée, Alpha Condé, élu en novembre 2010, envoie la gendarmerie pour déloger le concessionnaire du port de la capitale Conakry, le français Necotrans. Motif: "les investissements promis n'ont pas été réalisés et le personnel local n'a pas été formé", souligne, à l'époque, Dominique Lafont, qui dirigeait la filiale Bolloré Africa Logistics avant de quitter le groupe en 2014. Des journalistes sont même invités à visiter le site pour constater l'état de déliquescence des installations. Les autorités guinéennes ont ensuite attribué le marché à l'entreprise arrivée en deuxième position dans l'appel d'offres, Bolloré, au grand dam de Necotrans, qui dénonce alors un "hold up" et une "éviction arbitraire".

Même scénario à Lomé, la capitale du Togo, où c'est l'industriel franco-espagnol Jacques Dupuydauby, qui a été évincé, manu militari, de la concession portuaire en 2009. Mais le fondateur du groupe Progosa a déposé deux plaintes visant le groupe Bolloré, qu'il accuse d'avoir corrompu les dirigeants togolais. Lui-même condamné par la justice espagnole pour détournement d'actifs, Dupuydauby dit avoir fourni de nombreux documents à la justice française - il a été reçu deux fois par le juge Tournaire - sur les pratiques de Bolloré au Togo mais aussi au Gabon, au Cameroun et en Lybie. Conseillé par l'avocat William Bourdon, ce rival historique de Bolloré en Afrique compte bien être admis comme partie civile au dossier pour faire valoir ses droits.
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