Vincent Bolloré et deux cadres du groupe placés en garde à vue
Par David Bensoussan et Thierry Fabre le 24.04.2018 Ã 11h14
L'industriel est actuellement entendu avec deux autres dirigeants de son groupe dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre.
C'est une véritable bombe judiciaire. Comme l'avait annoncé Challenges, Vincent Bolloré est entendu aujourd'hui par les juges parisiens Serge Tournaire et Aude Buresi et a même été placé en garde à vue, comme vient de l'annoncer Le Monde. Selon nos informations, le directeur général du groupe, Gilles Alix, et Jean-Philippe Dorent, le responsable du pôle international de Havas sont également en garde à vue. Les dirigeants sont auditionnés dans les locaux de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), à Nanterre. Ces juges, habitués des grandes enquêtes politico-financières, soupçonnent son groupe d'avoir financé la campagne électorale de dirigeants africains qui, par la suite, lui ont accordé des concessions portuaires. Deux pays sont dans le collimateur: la Guinée d'Alpha Condé et le Togo de Faure Gnassingbé, qui ont tous les deux bénéficié des conseils de l'agence Havas durant leurs campagnes en 2010.
Après avoir saisi de nombreuses pièces comptables, lors de leurs perquisitions chez Havas, en 2014 et 2015, puis au siège de Bolloré, à Puteaux, en avril 2016, les enquêteurs ont acquis la conviction que des dépenses électorales des deux présidents ont été prises en charge par le groupe Bolloré. Ils ont notamment récupéré des factures adressées par Havas à Bolloré Africa Logistics pour de prétendues prestations de communication en Guinée. Des factures, payées par BAL, qui correspondraient en fait à des prestations destinées à la campagne d'Alpha Condé. Le risque judiciaire pour les dirigeants du groupe est à prendre au sérieux, avec des qualifications pénales potentiellement lourdes: abus de bien social et trafic d'influence. "En Guinée et au Togo, le groupe Bolloré a été choisi uniquement pour ses compétences et sa capacité à réaliser les investissements portuaires, que ses concurrents n'avaient pas réalisé par le passé", rétorque un porte-parole du groupe.
Par David Bensoussan et Thierry Fabre le 24.04.2018 Ã 11h14
L'industriel est actuellement entendu avec deux autres dirigeants de son groupe dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre.
C'est une véritable bombe judiciaire. Comme l'avait annoncé Challenges, Vincent Bolloré est entendu aujourd'hui par les juges parisiens Serge Tournaire et Aude Buresi et a même été placé en garde à vue, comme vient de l'annoncer Le Monde. Selon nos informations, le directeur général du groupe, Gilles Alix, et Jean-Philippe Dorent, le responsable du pôle international de Havas sont également en garde à vue. Les dirigeants sont auditionnés dans les locaux de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), à Nanterre. Ces juges, habitués des grandes enquêtes politico-financières, soupçonnent son groupe d'avoir financé la campagne électorale de dirigeants africains qui, par la suite, lui ont accordé des concessions portuaires. Deux pays sont dans le collimateur: la Guinée d'Alpha Condé et le Togo de Faure Gnassingbé, qui ont tous les deux bénéficié des conseils de l'agence Havas durant leurs campagnes en 2010.
Après avoir saisi de nombreuses pièces comptables, lors de leurs perquisitions chez Havas, en 2014 et 2015, puis au siège de Bolloré, à Puteaux, en avril 2016, les enquêteurs ont acquis la conviction que des dépenses électorales des deux présidents ont été prises en charge par le groupe Bolloré. Ils ont notamment récupéré des factures adressées par Havas à Bolloré Africa Logistics pour de prétendues prestations de communication en Guinée. Des factures, payées par BAL, qui correspondraient en fait à des prestations destinées à la campagne d'Alpha Condé. Le risque judiciaire pour les dirigeants du groupe est à prendre au sérieux, avec des qualifications pénales potentiellement lourdes: abus de bien social et trafic d'influence. "En Guinée et au Togo, le groupe Bolloré a été choisi uniquement pour ses compétences et sa capacité à réaliser les investissements portuaires, que ses concurrents n'avaient pas réalisé par le passé", rétorque un porte-parole du groupe.

