@Toli
Pour la derniere fois je vais vous presenter le big picture.....
En mars 1960, le Colonel Lamberton écrit : “ Le Cameroun s’engage sur les chemins de l’indépendance avec, dans sa chaussure, un caillou bien gênant. Ce caillou, c’est la présence d’une minorité ethnique : les Bamiléké.. L’histoire obscure des Bamiléké n’aurait d’autre intérêt qu’anecdotique si elle ne révélait à quel point ce peuple est étranger au Cameroun. Le gros de la population camerounaise appartient sans doute au groupe bantou, pour les Bamiléké, c’est moins sûr â€
Une tradition de bamiphobie s’est construite à partir des thèses inaugurales du Colonel Lamberton. Le contexte historique dans lequel s’inscrit le discours de Jean Lamberton est celui de la lutte armée de libération nationale du peuple camerounais. De cette lutte, l’historien Richard Joseph écrit : “ Mais ce que Um Nyobè et l’UPC essayaient d’éviter en principe, se réalisait dans les faits. Seuls le peuple Basa’a fut mêlé à une importante activité de guérilla jusqu’à la mort de Um Nyobè en 1958 ; et après 1958, ce furent les Bamiléké qui ouvrirent les vannes à une vague d’une violence icommensurable †En effet si l’UPC est présente sur tout le Cameroun, son emprise est très forte en pays Bamiléké. Ce qui est très marquant car symbolise leur cohésion dans leur refus de se plier au quadrillage, à la discipline de la machinerie coloniale, aux travaux forcés. Ce peuple occupé fait preuve d’une formidable ingéniosité qui se traduit même dans le langage de résistance, où le signifiant sert ainsi à un sens second d’ordre politique...
Après le peuple Bassa, qui le premier prend les armes pour la libération nationale, le peuple Bamiléké intervient et radicalise la lutte armée. C’est cette lutte qui inquiète le colonel français. De là , sa thèse : “ En fait, les Bamiléké forment un peuple. Il suffit pour s’en convaincre de considérer leur nombre, leur histoire, leur structure sociale et leur dynamisme. Qu’un groupe homogène de populations nègres réunisse tant de facteurs de puissance et de cohésion n’est pas si banal en Afrique Centrale, au Cameroun, du moins, le phénomène Bamiléké est sans équivalentâ€
Pour la derniere fois je vais vous presenter le big picture.....
En mars 1960, le Colonel Lamberton écrit : “ Le Cameroun s’engage sur les chemins de l’indépendance avec, dans sa chaussure, un caillou bien gênant. Ce caillou, c’est la présence d’une minorité ethnique : les Bamiléké.. L’histoire obscure des Bamiléké n’aurait d’autre intérêt qu’anecdotique si elle ne révélait à quel point ce peuple est étranger au Cameroun. Le gros de la population camerounaise appartient sans doute au groupe bantou, pour les Bamiléké, c’est moins sûr â€
Une tradition de bamiphobie s’est construite à partir des thèses inaugurales du Colonel Lamberton. Le contexte historique dans lequel s’inscrit le discours de Jean Lamberton est celui de la lutte armée de libération nationale du peuple camerounais. De cette lutte, l’historien Richard Joseph écrit : “ Mais ce que Um Nyobè et l’UPC essayaient d’éviter en principe, se réalisait dans les faits. Seuls le peuple Basa’a fut mêlé à une importante activité de guérilla jusqu’à la mort de Um Nyobè en 1958 ; et après 1958, ce furent les Bamiléké qui ouvrirent les vannes à une vague d’une violence icommensurable †En effet si l’UPC est présente sur tout le Cameroun, son emprise est très forte en pays Bamiléké. Ce qui est très marquant car symbolise leur cohésion dans leur refus de se plier au quadrillage, à la discipline de la machinerie coloniale, aux travaux forcés. Ce peuple occupé fait preuve d’une formidable ingéniosité qui se traduit même dans le langage de résistance, où le signifiant sert ainsi à un sens second d’ordre politique...
Après le peuple Bassa, qui le premier prend les armes pour la libération nationale, le peuple Bamiléké intervient et radicalise la lutte armée. C’est cette lutte qui inquiète le colonel français. De là , sa thèse : “ En fait, les Bamiléké forment un peuple. Il suffit pour s’en convaincre de considérer leur nombre, leur histoire, leur structure sociale et leur dynamisme. Qu’un groupe homogène de populations nègres réunisse tant de facteurs de puissance et de cohésion n’est pas si banal en Afrique Centrale, au Cameroun, du moins, le phénomène Bamiléké est sans équivalentâ€

