La tyrannie camerounaise pousse à l’exil ses meilleurs talents et veille à les y garder. Quant aux autres, elle les livre à leurs bas instincts. Plus grave, elle rend impossible la politique, comme activité exercée par des hommes libres pour réaliser leur aspiration au bonheur. En la substituant par le clientélisme, le régime interdit au peuple camerounais de se choisir un destin vertueux et l’entraîne dans sa propre agonie. Patrice Nganang, à travers ses nombreuses tribunes, a toujours affirmé que les partis d’opposition ne prendront jamais le pouvoir. La raison en est que le citoyen camerounais n’existe pas encore. Malgré la constitution qui le proclame, il est resté dans les faits un indigène, cette créature servile jadis inventée par les colons français.
Nouveau paradigme
L’analyse des causes profondes de la chute de Moubarak va avoir un impact considérable sur la pensée de Nganang. Il constate par exemple que les Frères musulmans ne sont pas restés inactifs pendant leurs années d’exil. Ils ont investi le champ social, construisant des écoles, des dispensaires, des orphelinats, des mosquées. Bref, ils ont restauré le corps qui était violenté par la tyrannie. Alors, Patrice Nganang lance Generation Change pour accompagner la transition de l’indigène au citoyen. A ce corps camerounais que l’on entasse dans des salles de classe délabrées, dans des taudis insalubres, et que l’on tue dans des hôpitaux, il dit : tu es capable de transformer ta vie avec la seule force de tes bras. Quand, en décembre 2016, resurgit la «crise anglophone», Patrice Nganang y voit une occasion pour le Cameroun de se régénérer.
La crise anglophone a été réactivée à la suite de revendications syndicales. Elle confirme les vues de Patrice Nganang selon lesquelles le Cameroun ne peut se régénérer que grâce à sa société civile. On comprend donc la réaction violente du pouvoir devant ce nouveau paradigme qui est l’équivalent du printemps arabe. Les raisons de l’emprisonnement de Patrice Nganang sont à trouver là . D’une part, dans sa liberté de ton. D’autre part, dans son soutien à la cause anglophone. A ce sujet, il a toujours dit que l’écrivain est du côté des plus faibles, comme Wole Soyinka, son modèle et son maître, qui fut incarcéré au Nigeria pour s’être insurgé contre la guerre du Biafra.
Le Cameroun se trouve dans une période critique de son histoire. Il revient aux Camero
Nouveau paradigme
L’analyse des causes profondes de la chute de Moubarak va avoir un impact considérable sur la pensée de Nganang. Il constate par exemple que les Frères musulmans ne sont pas restés inactifs pendant leurs années d’exil. Ils ont investi le champ social, construisant des écoles, des dispensaires, des orphelinats, des mosquées. Bref, ils ont restauré le corps qui était violenté par la tyrannie. Alors, Patrice Nganang lance Generation Change pour accompagner la transition de l’indigène au citoyen. A ce corps camerounais que l’on entasse dans des salles de classe délabrées, dans des taudis insalubres, et que l’on tue dans des hôpitaux, il dit : tu es capable de transformer ta vie avec la seule force de tes bras. Quand, en décembre 2016, resurgit la «crise anglophone», Patrice Nganang y voit une occasion pour le Cameroun de se régénérer.
La crise anglophone a été réactivée à la suite de revendications syndicales. Elle confirme les vues de Patrice Nganang selon lesquelles le Cameroun ne peut se régénérer que grâce à sa société civile. On comprend donc la réaction violente du pouvoir devant ce nouveau paradigme qui est l’équivalent du printemps arabe. Les raisons de l’emprisonnement de Patrice Nganang sont à trouver là . D’une part, dans sa liberté de ton. D’autre part, dans son soutien à la cause anglophone. A ce sujet, il a toujours dit que l’écrivain est du côté des plus faibles, comme Wole Soyinka, son modèle et son maître, qui fut incarcéré au Nigeria pour s’être insurgé contre la guerre du Biafra.
Le Cameroun se trouve dans une période critique de son histoire. Il revient aux Camero

