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Eva Eva a écrit le 30 décembre 2017 à 1h04
Expulsion de l'écrivain Patrice Nganang : pas de printemps pour le Cameroun

Par Timba Bema, écrivain — 29 décembre 2017 à 17:24
L’écrivain et intellectuel américain d'origine camerounaise, qui s'était inspiré de l'action des citoyens sur les réseaux sociaux pendant le printemps arabe pour lancer son mouvement, était emprisonné depuis le 6 décembre à Yaoundé. Il a été expulsé mercredi vers les Etats-Unis.

Patrice Nganang l’a toujours dit : il est arrivé sur Facebook après la chute d’Hosni Moubarak. En libérant la parole, et surtout, en la faisant circuler à une vitesse prodigieuse, ce média a extrait le corps égyptien des enfermements où la tyrannie le réduisait. Alors, cet activiste passionné va semer dans son pays natal les graines de cette promesse. Car, pour lui, à quelques exceptions près, la situation camerounaise est similaire à celle qui prévalait en Egypte à la veille du printemps arabe.

Il n’est plus à démontrer que le Cameroun est une tyrannie à l’agonie. Le corps y est en perpétuel danger. Le pouvoir, comme pour dissimuler son impuissance à créer la prospérité, viole, bat, emprisonne, torture et tue. Bref, il fait régner la terreur. Ne nous y trompons pas. La bonne humeur qu’on lit sur les visages, les rires éruptifs qui déchirent les gorges ne sont pas la traduction du bonheur. Au contraire, ils sont un baume que le corps camerounais répand sur sa douleur, pour la rendre moins cruelle.Tyrannie
Patrice Nganang fait partie de cette génération née dans l’enfermement. On lui a assené une claque chaque fois qu’elle a questionné l’ordre des choses, on l’a même sevré de l’histoire de la guerre civile qui eut lieu de 1958 à 1971. Pour se maintenir coûte que coûte, ce régime a démoli toutes les structures sociales, à commencer par la famille. Il en ressort que le changement par le jeu démocratique est impossible. Dans un tel contexte, on ne peut que, comme Patrice Nganang, hurler, rugir, aboyer pour pouvoir enfin exister, être libre. La prise de parole devient un acte de révolte, le combat que l’individu livre à son père, à sa mère, à ses oncles et à ses tantes, à la société tout entière, afin de les sortir en même temps que lui de la peur.


La tyrannie camerounaise pousse à l’exil ses meilleurs talents et veille à les y garder. Quant aux autres, elle les livre à leurs bas instincts. Plus grave, elle rend impossible la politique, comm
Merci de patienter...
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