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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Navajo boy Navajo boy a écrit le 29 décembre 2017 à 12h47
Lcclc le 1er post de Patrice Nganang depuis les état unis
LE TEMPS DE MON EXIL SERA BREF

Je suis donc libre. Oui, ils ne m’ont pas condamné à mort, alors qu’ils m’avaient à leur merci. Ils n’ont pas pu tenir ferme leurs accusations, celles-ci s’étant évaporées entre leurs propres doigts. Du Tribunal militaire au Tribunal de Grande instance au Tribunal de Première instance, ils se sont retrouvés à prendre des décisions administratives dans le bureau du Régisseur de prison, devant Secrétaire d’Etat, par instruction téléphonique sur cellulaire de Messieurs les ministres, afin de vite contrecarrer la décision publique du Juge qui m’a libéré et restitué dans tous mes droits devant tout le monde, quelques heures auparavant. La meilleure ? Ils m’ont mis dans un avion en direction de Washington DC, alors que mon domicile américain est à New York. Ils m’ont mis dans un avion qui m’a emmené à Washington DC, alors qu’ils m’ont enlevé vingt et un jours plus tôt, d’un avion qui m’amenait plutôt à Harare, au Zimbabwe, terre libérée du tyran local, et où se trouve encore ma famille. Ils m’ont mis dans un avion, et m’ont jeté sur le Passage du milieu, m’ont jeté dans l’Océan Atlantique donc, que des millions de nos ancêtres ont fait en bateau, vendus qu’ils étaient pendant trois cent ans par des gens de leur espèce.

Extrader un Bangangte – un qui refuse l’esclavage ! – en Amérique, après lui avoir fait traverser Yaoundé, la ville de sa naissance, dans un convoi présidentiel, avec quatre garde-du-corps en cagoule et fusil supersonique pointé sur les populations, motard et sirène au devant pour clarifier son chemin ! Extrader un enfant de Nkomkana, qu’ils ont mis en menottes en route, car dans leur précipitation ils les avaient tous oubliées ! M’extrader de Yaoundé, moi, qui suis né dans les Elobi, dont le placenta est enterré à Yaoundé même, qui suis allé à l’école à l’Ecole publique de Tsinga, vendant les savons au Marché central, faisant le pèse-personne dans les bureaux de l’AT où travaillait mon Papa, qui suis allé au CES de Ngoa Ekelle, puis au lycée Leclerc, avant de devenir Parlementaire à Ngoa, moi, enfant de ce pays, fils de cette ville dont tous et chacun de mes douze livres parle de long en large, garçon de toutes ces bayam sallam, fils de tous ces Papas, moi, Nganang Alain Patrice, me remettre aux Blancs – et c’est le directeur de la
Merci de patienter...
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