suite
Et ici l'âge du président qui le disqualifie de toutes les façons, n'en rajoute qu'aux sommets de l'ignominie. La manufacture de cette ignominie, le maintien de celle-ci n'est plus possible que sur l'incarcération des citoyens, et la transformation du Cameroun en République carcérale, est le vécu de chacun de nous. C'est clair qu'un pays, dont le président du Senat est un ancien bagnard, dont le Ministre de la communication est un ancien prisonnier, et qui, à Kondengui, a tout un gouvernement aux fers, ne peut pas donner de leçon de liberté. Oui, la liberté, au Cameroun, est dorénavant aiIIeurs ; elle est Anglophone.
L'Etat camerounais qui magnifie quelques soldats tués et est silencieux sur des centaines d'Anglophones exécutés par ces derniers, a choisi son camp. Il a cessé d'être bilingue comme le veut la Constitution, pour devenir un Etat francophone. Et ceux qu'il envoie au front, sont francophones, comme ceux que ces derniers tuent sont Anglophones. Devant cette clarté de la ligne de front, la position de l'écrivain – ce chantre de la liberté, du courage et de l'honnêteté – est facilement identifiable. Elle n'est même pas une question de réflexion, mais de reflexe.
Ici je me tiens et ne puis être ailleurs, disait Luther, quand la question du protestantisme résonnait en Allemagne, disait Emerson, quand celle de l'esclavage secouait les Etats-Unis, et bien sûr Mongo Beti, comme celle des maquisards demandait à la conscience camerounaise de s'identifier. Ici, je me tiens, en prison, et ne puis être ailleurs, car c'est en prison qu'aujourd'hui, au Cameroun, la liberté se définit. C'est là que le courage et l'honnêteté manufacturent la République de demain.
Notre pays ne s'en sortira pas de cette guerre qui devant nous compte ses morts, sans un nouveau contrat social. L'écriture d'une nouvelle Constitution est au fond, ce qui agite le Cameroun anglophone, quel que soit la tendance de sa demande. Or, une Constitution étant écrite, nous revenons, ici aussi, sur le besoin formulé, d'une nouvelle écriture, et donc, sur la nécessité de l'écrivain comme concierge de la République. Il s'agit ici en effet de la fondation d'une nouvelle République, une qui ait dans ses pulsations, le respect de la liberté de chacun de nous, de devenir ce qu'il est. Qu'une telle République ne soit possible que dans la mesure où sa parturition met en branle la sagacité, l'im
Et ici l'âge du président qui le disqualifie de toutes les façons, n'en rajoute qu'aux sommets de l'ignominie. La manufacture de cette ignominie, le maintien de celle-ci n'est plus possible que sur l'incarcération des citoyens, et la transformation du Cameroun en République carcérale, est le vécu de chacun de nous. C'est clair qu'un pays, dont le président du Senat est un ancien bagnard, dont le Ministre de la communication est un ancien prisonnier, et qui, à Kondengui, a tout un gouvernement aux fers, ne peut pas donner de leçon de liberté. Oui, la liberté, au Cameroun, est dorénavant aiIIeurs ; elle est Anglophone.
L'Etat camerounais qui magnifie quelques soldats tués et est silencieux sur des centaines d'Anglophones exécutés par ces derniers, a choisi son camp. Il a cessé d'être bilingue comme le veut la Constitution, pour devenir un Etat francophone. Et ceux qu'il envoie au front, sont francophones, comme ceux que ces derniers tuent sont Anglophones. Devant cette clarté de la ligne de front, la position de l'écrivain – ce chantre de la liberté, du courage et de l'honnêteté – est facilement identifiable. Elle n'est même pas une question de réflexion, mais de reflexe.
Ici je me tiens et ne puis être ailleurs, disait Luther, quand la question du protestantisme résonnait en Allemagne, disait Emerson, quand celle de l'esclavage secouait les Etats-Unis, et bien sûr Mongo Beti, comme celle des maquisards demandait à la conscience camerounaise de s'identifier. Ici, je me tiens, en prison, et ne puis être ailleurs, car c'est en prison qu'aujourd'hui, au Cameroun, la liberté se définit. C'est là que le courage et l'honnêteté manufacturent la République de demain.
Notre pays ne s'en sortira pas de cette guerre qui devant nous compte ses morts, sans un nouveau contrat social. L'écriture d'une nouvelle Constitution est au fond, ce qui agite le Cameroun anglophone, quel que soit la tendance de sa demande. Or, une Constitution étant écrite, nous revenons, ici aussi, sur le besoin formulé, d'une nouvelle écriture, et donc, sur la nécessité de l'écrivain comme concierge de la République. Il s'agit ici en effet de la fondation d'une nouvelle République, une qui ait dans ses pulsations, le respect de la liberté de chacun de nous, de devenir ce qu'il est. Qu'une telle République ne soit possible que dans la mesure où sa parturition met en branle la sagacité, l'im

