Affaire Patrice Nganang... LA FEMME DE MONGO BETI, ODILE TOBNER, RÉPOND À ACHILLE MBEMBE ET OWONA NGUINI.
Pour Patrice Nganang.
suite
Les basses prestations de ces moulins à paroles ne vaudraient pas une ligne de commentaire si elles ne venaient lâchement mettre au second plan les auteurs de l’agression qu’a subie l’écrivain Patrice Nganang et faire oublier le scandale de la violence dont il est victime. Mbembe a beau demander sa libération, c’est, dans le contexte du contenu de son intervention, l’expression d’un jésuitisme, qui semble une marque essentielle de sa pensée. Le jésuitisme consiste à parer de mots aussi vertueux qu’alambiqués les conduites vulgairement opportunistes. Quant au délire verbeux d’Owona Nguini, il relève de la chasse à l’homme du plus bas étage, des aboiements aux ordres du maître de la meute.
Dire de Patrice Nganang qu’il n’est pas Hugo c’est à la fois enfoncer une porte ouverte et montrer une piètre connaissance de Hugo. Dans « Les châtiments » ce dernier, de la façon la plus grossière et la plus débridée, interpelle Napoléon III sous les noms de « Mandrin », le plus célèbre bandit de l’époque, « assassin », « histrion » etc. Il évoque emphatiquement les « ruisseaux, les mares de sang » de la répression. Évidemment les Mbembe et Owona Nguini de l’époque ont trouvé que Hugo était atteint de folie, tout comme les petits penseurs parisiens, qui raffolent des œuvres anodines de leurs nègres de service, ont toujours trouvé Mongo Beti choquant et excessif dans ses charges précises contre des réalités politiques qu’ils préfèrent voir couvrir du voile de généralités inoffensives.
Mais foin de ces considérations pédantesques. Il n’y a qu’une seule chose à dire, répéter, clamer tant qu’on peut : les hommes de main du pouvoir camerounais tiennent sous les verrous quelqu’un qui n’a rien fait que d’écrire de façon forte ce qu’il pensait et décrire ce qu’il voyait de scandaleux, ce qui est un droit élémentaire de l’homme et du citoyen digne de ce nom, que seuls les esclaves volontaires renoncent à exercer. De plus il faut dire que ce qui est digne de respect chez Patrice Nganang c’est que, tout écrivain qu’il est, il fréquentait les quartiers, y organisait des travaux de construction d’école, de voirie et d’assainissement, c’est qu’il a manifesté à Yaoundé, quasi seul, devant le palais de justice
Pour Patrice Nganang.
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Les basses prestations de ces moulins à paroles ne vaudraient pas une ligne de commentaire si elles ne venaient lâchement mettre au second plan les auteurs de l’agression qu’a subie l’écrivain Patrice Nganang et faire oublier le scandale de la violence dont il est victime. Mbembe a beau demander sa libération, c’est, dans le contexte du contenu de son intervention, l’expression d’un jésuitisme, qui semble une marque essentielle de sa pensée. Le jésuitisme consiste à parer de mots aussi vertueux qu’alambiqués les conduites vulgairement opportunistes. Quant au délire verbeux d’Owona Nguini, il relève de la chasse à l’homme du plus bas étage, des aboiements aux ordres du maître de la meute.
Dire de Patrice Nganang qu’il n’est pas Hugo c’est à la fois enfoncer une porte ouverte et montrer une piètre connaissance de Hugo. Dans « Les châtiments » ce dernier, de la façon la plus grossière et la plus débridée, interpelle Napoléon III sous les noms de « Mandrin », le plus célèbre bandit de l’époque, « assassin », « histrion » etc. Il évoque emphatiquement les « ruisseaux, les mares de sang » de la répression. Évidemment les Mbembe et Owona Nguini de l’époque ont trouvé que Hugo était atteint de folie, tout comme les petits penseurs parisiens, qui raffolent des œuvres anodines de leurs nègres de service, ont toujours trouvé Mongo Beti choquant et excessif dans ses charges précises contre des réalités politiques qu’ils préfèrent voir couvrir du voile de généralités inoffensives.
Mais foin de ces considérations pédantesques. Il n’y a qu’une seule chose à dire, répéter, clamer tant qu’on peut : les hommes de main du pouvoir camerounais tiennent sous les verrous quelqu’un qui n’a rien fait que d’écrire de façon forte ce qu’il pensait et décrire ce qu’il voyait de scandaleux, ce qui est un droit élémentaire de l’homme et du citoyen digne de ce nom, que seuls les esclaves volontaires renoncent à exercer. De plus il faut dire que ce qui est digne de respect chez Patrice Nganang c’est que, tout écrivain qu’il est, il fréquentait les quartiers, y organisait des travaux de construction d’école, de voirie et d’assainissement, c’est qu’il a manifesté à Yaoundé, quasi seul, devant le palais de justice

