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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Londonien Londonien a écrit le 14 décembre 2017 à 22h57
NOURRI SUR LE TRIBALISME SUITE

Les autorités utilisent toujours une rhétorique régionaliste ou ethnique dans les périodes électorales ou de tension, comme cela a été le cas en février 2008. Le Service œcuménique pour la paix et la promotion humaine a relevé, lors des élections législatives d’août 1997, de nombreux messages similaires à ceux véhiculés pendant les « années de braise », incitant à la haine et à la division : « les Bamiléké doivent aller voter chez eux » ; « Bello Bouba, Haoussa, veut venger ses frères tués dans le putsch et Fru Ndi, Bamiléké, veut arracher les terrains aux Beti » ; « Beti fossoyeurs ». En 1999, des membres beti de l’Église catholique ont dressé des barricades à la sortie de Yaoundé, sur la route menant vers Bafoussam (ouest) pour protester contre la nomination d’un archevêque bamiléké dans la capitale. « Pas d’archevêque bamiléké à Yaoundé », disaient les manifestants. Lors de
l’élection présidentielle de 2004, le RDPC a brandi la perspective d’une vengeance des autres Camerounais contre les Beti, si un président autre que Biya venait à être élu. Il entretient également le mythe d’une revanche des Nordistes, qui feraient payer la répression dont ils ont été victimes au lendemain de la tentative du coup d’État de 1984, au cas où l’un d’entre eux arrivait un jour à la présidence. La survie des Beti passe par le maintien au pouvoir de Biya, répète le RDPC aux habitants du Centre-SudEst. Lors des grèves estudiantines de 2005, les identités ethniques ont aussi fait l’objet de manipulations : les meneurs de ces grèves ont été approchés par des hommes politiques de leur ethnie leur demandant de se désolidariser du mouvement, sous le prétexte qu’il ne servirait que les intérêts des autres groupes ethniques au détriment du leur. En échange, ils leur offraient de l’argent ou une bourse pour étudier à l’étranger.

Le discours du pouvoir n’est cependant pas entendu par tous (…) Dans les campagnes, les populations sont aussi souvent très critiques: « Paul Biya où est l’argent? Mais où donc s’en est allé l’argent? Le macabo se brade. Le sel vaut de l’or. Se brade le manioc alors que la viande de bœuf est intouchable. La banane se vend mal, la ville de Yaoundé est chère. Paul Biya où est l’argent? Mais où donc s’en est allé l’argent? Qu’as-tu donc fait de l’argent? », chantaient des femmes beti
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