FANNY PIGEAUT LA BLANCHE DU LAAKHAM LOOOOOOOOOOL
NOURRI SUR LE TRIBALISME
"Depuis le milieu des années 1990, le régime n’a pas changé sa manière de fonctionner. Le pouvoir reste largement contrôlé par les Beti, et plus particulièrement par des ressortissants du département d’origine de Biya, le Dja et Lobo. Si le gouvernement compte quelques ressortissants d’autres régions au nom de « l’équilibre régional » – qui sert toujours à entretenir les divisions au sein du personnel politique et à assurer le maillage territorial du RDPC –, il est largement dominé par les Beti. Les postes clés du gouvernement, comme celui des Finances, de l’Économie, de la Défense leur sont dévolus. Les Beti sont aussi à la tête de beaucoup d’entreprises publiques et parapubliques,
tout comme ils sont toujours privilégiés au sein des forces de sécurité: parmi les dix colonels qui ont été promus généraux début 2011, quatre étaient beti. L’un d’entre eux, Jean Mendouna, est devenu le chef d’état-major de la marine et le responsable du Bataillon d’intervention rapide (BIR), l’unité d’élite dépendant directement de la présidence. Le chef d’état-major, Claude René Meka, est lui aussi beti, tout comme les officiers qui contrôlent l’administration centrale de l’armée, le patron de la gendarmerie et celui de la police. La Garde présidentielle est quant à elle composée en grande majorité d’éléments d’origine beti. En septembre 2003, le quotidien Le Messager faisait les comptes: il
dénombrait 14 ressortissants du Centre-Sud parmi les 32 ministres qui avaient un portefeuille. À l’époque, trois recteurs sur six, 24 préfets sur 58, 15 généraux sur 24, 18 ambassadeurs sur 31 et 19 secrétaires généraux sur 32 étaient aussi originaires de ces deux provinces. L’origine des victimes de l’opération Épervier est aussi un indice de cette « betisation » du pouvoir : la plupart sont issus de l’ère culturelle beti. Tout comme la plupart des personnalités que Biya a précédemment écartées, les jugeant trop ambitieuses : Titus Édzoa, Joseph Owona, Akame Mfoumou...
Les autorités utilisent toujours une rhétorique régionaliste ou ethnique dans les périodes électorales ou de tension, comme cela a été le cas en février 2008. Le Service œcuménique pour la paix et la promotion humaine a relevé, lors des élections législatives d’août 1997, de nombreux messages similaires à ce
NOURRI SUR LE TRIBALISME
"Depuis le milieu des années 1990, le régime n’a pas changé sa manière de fonctionner. Le pouvoir reste largement contrôlé par les Beti, et plus particulièrement par des ressortissants du département d’origine de Biya, le Dja et Lobo. Si le gouvernement compte quelques ressortissants d’autres régions au nom de « l’équilibre régional » – qui sert toujours à entretenir les divisions au sein du personnel politique et à assurer le maillage territorial du RDPC –, il est largement dominé par les Beti. Les postes clés du gouvernement, comme celui des Finances, de l’Économie, de la Défense leur sont dévolus. Les Beti sont aussi à la tête de beaucoup d’entreprises publiques et parapubliques,
tout comme ils sont toujours privilégiés au sein des forces de sécurité: parmi les dix colonels qui ont été promus généraux début 2011, quatre étaient beti. L’un d’entre eux, Jean Mendouna, est devenu le chef d’état-major de la marine et le responsable du Bataillon d’intervention rapide (BIR), l’unité d’élite dépendant directement de la présidence. Le chef d’état-major, Claude René Meka, est lui aussi beti, tout comme les officiers qui contrôlent l’administration centrale de l’armée, le patron de la gendarmerie et celui de la police. La Garde présidentielle est quant à elle composée en grande majorité d’éléments d’origine beti. En septembre 2003, le quotidien Le Messager faisait les comptes: il
dénombrait 14 ressortissants du Centre-Sud parmi les 32 ministres qui avaient un portefeuille. À l’époque, trois recteurs sur six, 24 préfets sur 58, 15 généraux sur 24, 18 ambassadeurs sur 31 et 19 secrétaires généraux sur 32 étaient aussi originaires de ces deux provinces. L’origine des victimes de l’opération Épervier est aussi un indice de cette « betisation » du pouvoir : la plupart sont issus de l’ère culturelle beti. Tout comme la plupart des personnalités que Biya a précédemment écartées, les jugeant trop ambitieuses : Titus Édzoa, Joseph Owona, Akame Mfoumou...
Les autorités utilisent toujours une rhétorique régionaliste ou ethnique dans les périodes électorales ou de tension, comme cela a été le cas en février 2008. Le Service œcuménique pour la paix et la promotion humaine a relevé, lors des élections législatives d’août 1997, de nombreux messages similaires à ce

