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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Eva Eva a écrit le 12 décembre 2017 à 17h07
Me Emmanuel Simh : Je n’en sais rien. Il devait être présenté le 11 décembre au procureur de la République. Mais on lui a plutôt notifié la prorogation de sa garde à vue de 48 heures. En même temps, la police nous a informés que les autorités abandonnaient l’outrage au président de la République.

Il ne restait plus que trois chefs d’accusation, à savoir « l’immigration clandestine », le « faux et usage de faux » et les « menaces » à l’égard du président de la République. Le délai de garde à vue s’achève demain, le 13 décembre. Nous attendons la décision du procureur.

Il semblerait pourtant que c’est l’outrage qui a tout déclenché…

En effet. Le délégué général à la Sûreté nationale, patron de la police, a signé une note ordonnant à ses services d’arrêter Monsieur Nganang, en mettant précisément en cause ses propos tenus sur Facebook à l’égard du président Paul Biya. Il estimait alors que ceux-ci étaient outrageants.

Au bout de quelques jours, il n’est plus question d’outrage, mais d’autres infractions. Selon les enquêteurs, la garde à vue a été prolongée pour effectuer d’autres recherches. Ils lui avaient demandé d’ouvrir son ordinateur, ses téléphones et son iPad. Sur mes conseils, mon client a rejeté cette demande. En effet, l’infraction pour laquelle on l’a arrêté était relative au texte qu’il avait publié sur Facebook. Texte qui est toujours accessible. Dès lors, il n’y a pas de raison d’aller farfouiller dans son ordinateur.

Il faut être de mauvaise foi pour ne pas déceler de second degré dans ses propos
Ce texte sur Facebook explique-t-il aussi l’accusation de « menaces » envers le président de la République ?

Absolument. Ils ont retenu cette inculpation alors que dans son texte, mon client use de cette tournure de langage pour dire à quel point il désapprouve la gouvernance du président. Patrice Nganang est enseignant et écrivain. Il n’est pas un homme armé.

Il faut être de mauvaise foi pour ne pas déceler de second degré dans ses propos. Les considérer comme étant une menace sérieuse contre le président est d’autant plus extravagant puisque, lorsqu’on l’arrête, il s’apprête à prendre l’avion pour quitter le pays.

Au bout du compte, objectivement, je pense qu’on lui reproche ses prises de position contre le pouvoir. Ce qui est pourtant son droit. On ne peut pas interdire à un citoyen
Merci de patienter...
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