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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Nswho Nswho a écrit le 12 décembre 2017 à 16h17
FAIRE UNE PLACE AU FOU PARMI NOUS

Monsieur Nganang Patrice en est la dernière victime. Presque collatérale puisqu’en rigueur de terme, il ne représente aucune menace objective pour le régime de Monsieur Paul Biya. Mais n’a-t-il pas juré qu’il abattrait volontiers l’autocrate (une balle à la face) si jamais il se retrouvait devant lui, un fusil à la main? Esbroufe si on veut être généreux. Exemple caractérisé de schizophrénie si on veut être sérieux. Et donc, pour ce qui me concerne, chaque jour supplémentaire que Nganang Patrice passe dans sa cellule est une distraction, et de distractions, nous ne pouvons pas nous en permettre dans les conditions que vit actuellement le Cameroun.

...Le malheur du pays est que nous sommes sur le point d’être coincés entre deux figures de la démence. D’un côté une folie qui répand le sang, et de l’autre une autre qui en appelle à faire de même, au nom d’une pseudo-libération. Elle revêt le masque de l’écriture et de la fiction tout en sachant très bien que la vie n’est pas une fiction. Elle est faite de chair et de sang d’hommes et de femmes réels. Au demeurant, la fonction de l’écriture n’est pas d’en appeler au meurtre. Elle est d’interpeller les consciences, dans le but d’élargir les espaces de liberté et de dignité, y compris pour nos ennemis. Déshumaniser les autres et en appeler à répandre le sang d’autrui fait partie du complexe de Caïn...

VITE, RELACHEZ-LE !

...Il faut le sortir de sa cellule parce que tout pays et toute société ont besoin de quelques bouffons, voire de quelques fous.

Il nous faut faire de la place aux fous et aux bouffons dans notre société. Il y a longtemps que Nganang Patrice ne représente plus la figure de l’écrivain. Il y a longtemps qu’il a sciemment ou non endossé la figure du fou, victime hallucinée parmi d’autres des lésions cérébrales que la tyrannie postcoloniale a manufacturées chez nous, l’esprit de démence qui menace la plupart des jeunes, et le nihilisme politique et culturel qui en est le langage. Ce dont Nganang a besoin, ce n’est pas de croupir dans une sordide cellule. C’est de continuer à être, parmi nous, la figure vivante de la déchéance - y compris de la raison et de la mesure - que le pouvoir politique postcolonial a fabriqué.

Aux autorités de Yaoundé, je dis donc: libérez Nganang, ce personnage grossier et exécrable, sulfureux et schizophrène, que vous
Merci de patienter...
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