Au Cameroun, « ce sont les mauvais qui tiennent le haut du pavé »
Le régime de Biya convoque, harcèle, emprisonne à tour de bras. Mais oublie de payer la facture d’hôtel des vainqueurs de la CAN 2017, raille notre chroniqueur.
Par Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique)
LE MONDE Le 31.03.2017 Ã 15h56
Flashback : il y a à peine un mois et demi, des Lions depuis trop longtemps domptables redevinrent indomptables en remportant la Coupe d’Afrique des nations 2017
Retour à la réalité : un mois et demi plus tard, le 28 mars, en déplacement en Belgique pour affronter la Guinée au cours d’un match amical, les joueurs de l’équipe nationale de football et le staff eurent la surprise de se voir interdire l’accès au restaurant de l’hôtel qui les hébergeait. Les héros d’hier restèrent l’estomac vide.
Pauvre Hugo qui semble découvrir le nez au milieu du visage : dans le système dans lequel il évolue, ce sont les mauvais qui tiennent le haut du pavé. A eux (tout) l’argent, le pouvoir, la belle vie ! Les bons, ceux qui « bossent », qui « renversent » des « situations », sont ostracisés. A eux les primes impayées, les déplacements inconfortables, les conditions de travail déplorables..
Evidemment, le seul Lion vraiment indompté est passé à autre chose. Il a eu sa photo avec les champions, il a amusé son peuple affamé, il a damé le pion à ses opposants dans les régions anglophones du pays. Le reste…Il y a quelques jours, il était en visite en Italie. Oui, la note de l’hôtel aurait été réglée. Devant le patronat italien, qu’il exhortait à investir dans le no man’s land qu’il dirige, il a bombé le torse, vantant la stabilité de son régime : « C’est rare de voir aujourd’hui un gouvernement qui dure trente ans [en fait trente-quatre]. C’est le cas du Cameroun. » Eclats de rire complaisants dans la salle. Entre gens bien nourris… Plus tard, devant le représentant de Dieu sur Terre, à qui il offrit une sculpture représentant un vieillard camerounais, symbole de sagesse, le jeune président de 84 ans affirma que la « paix » est son « objectif ». Le pape a dû apprécier la qualité de l’humour !
Pour assurer cette « paix » qui lui serait si chère, l’appareil sécuritaire du président Biya convoque, harcèle, emprisonne tout ce qui bouge, et surtout tout ce qui fait mine de bouger, dans le pays. La dernière en date a été la convocation d’un des avocats camerounais
Le régime de Biya convoque, harcèle, emprisonne à tour de bras. Mais oublie de payer la facture d’hôtel des vainqueurs de la CAN 2017, raille notre chroniqueur.
Par Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique)
LE MONDE Le 31.03.2017 Ã 15h56
Flashback : il y a à peine un mois et demi, des Lions depuis trop longtemps domptables redevinrent indomptables en remportant la Coupe d’Afrique des nations 2017
Retour à la réalité : un mois et demi plus tard, le 28 mars, en déplacement en Belgique pour affronter la Guinée au cours d’un match amical, les joueurs de l’équipe nationale de football et le staff eurent la surprise de se voir interdire l’accès au restaurant de l’hôtel qui les hébergeait. Les héros d’hier restèrent l’estomac vide.
Pauvre Hugo qui semble découvrir le nez au milieu du visage : dans le système dans lequel il évolue, ce sont les mauvais qui tiennent le haut du pavé. A eux (tout) l’argent, le pouvoir, la belle vie ! Les bons, ceux qui « bossent », qui « renversent » des « situations », sont ostracisés. A eux les primes impayées, les déplacements inconfortables, les conditions de travail déplorables..
Evidemment, le seul Lion vraiment indompté est passé à autre chose. Il a eu sa photo avec les champions, il a amusé son peuple affamé, il a damé le pion à ses opposants dans les régions anglophones du pays. Le reste…Il y a quelques jours, il était en visite en Italie. Oui, la note de l’hôtel aurait été réglée. Devant le patronat italien, qu’il exhortait à investir dans le no man’s land qu’il dirige, il a bombé le torse, vantant la stabilité de son régime : « C’est rare de voir aujourd’hui un gouvernement qui dure trente ans [en fait trente-quatre]. C’est le cas du Cameroun. » Eclats de rire complaisants dans la salle. Entre gens bien nourris… Plus tard, devant le représentant de Dieu sur Terre, à qui il offrit une sculpture représentant un vieillard camerounais, symbole de sagesse, le jeune président de 84 ans affirma que la « paix » est son « objectif ». Le pape a dû apprécier la qualité de l’humour !
Pour assurer cette « paix » qui lui serait si chère, l’appareil sécuritaire du président Biya convoque, harcèle, emprisonne tout ce qui bouge, et surtout tout ce qui fait mine de bouger, dans le pays. La dernière en date a été la convocation d’un des avocats camerounais

