«Une perversion de l'information»
Directeur de recherche au CNRS, Dominique Wolton s'insurge contre la marchandisation de l'information.
Par Christophe ALIX
jeudi 04 août 2005 (Liberation.fr - 17:48)
Que vous inspire cette communication made in Orange?
D'abord c'est un contre-sens complet de faire payer une information comme cela. Les choses se disent gratuitement, pour tous, pas en exclusivité à un un opérateur de télécommunications. Deuxième information, annoncer son retour sur un site Internet n'est pas plus démocratique, tout le monde n'y a pas accès.
Les opérateurs mobiles peuvent-ils devenir des sources d'informations?
Orange n'est pas un média, pas un opérateur de presse, ni l'AFP. Ce genre de choses relève d'une perversion de l'information et est une grave entorse à la déontologique classique de la presse. Cet exemple de débordement de l'information par le marché est révélateur d'un phénénomène qui s'accentue de plus en plus. Après Orange, pourquoi pas demain un média Areva ou Total, première entreprise de France?
Comment remettre en cause cette évolution?
Il faudrait mettre au point une sorte de convention internationale de même nature que celle sur les prisonniers de guerre qui serait signée par les grands acteurs de la presse, les Etats et les organisations internationales comme l'ONU ou l'Unesco, etc. Cela ne résoudrait pas tout, loin de là , mais cela contribuerait au moins à fixer un cadre général pour tous et à poser des garde-fous. Le diamant pour tous aujourd'hui, c'est l'information mais il faut le protéger. Tout n'est pas une marchandise.
Directeur de recherche au CNRS, Dominique Wolton s'insurge contre la marchandisation de l'information.
Par Christophe ALIX
jeudi 04 août 2005 (Liberation.fr - 17:48)
Que vous inspire cette communication made in Orange?
D'abord c'est un contre-sens complet de faire payer une information comme cela. Les choses se disent gratuitement, pour tous, pas en exclusivité à un un opérateur de télécommunications. Deuxième information, annoncer son retour sur un site Internet n'est pas plus démocratique, tout le monde n'y a pas accès.
Les opérateurs mobiles peuvent-ils devenir des sources d'informations?
Orange n'est pas un média, pas un opérateur de presse, ni l'AFP. Ce genre de choses relève d'une perversion de l'information et est une grave entorse à la déontologique classique de la presse. Cet exemple de débordement de l'information par le marché est révélateur d'un phénénomène qui s'accentue de plus en plus. Après Orange, pourquoi pas demain un média Areva ou Total, première entreprise de France?
Comment remettre en cause cette évolution?
Il faudrait mettre au point une sorte de convention internationale de même nature que celle sur les prisonniers de guerre qui serait signée par les grands acteurs de la presse, les Etats et les organisations internationales comme l'ONU ou l'Unesco, etc. Cela ne résoudrait pas tout, loin de là , mais cela contribuerait au moins à fixer un cadre général pour tous et à poser des garde-fous. Le diamant pour tous aujourd'hui, c'est l'information mais il faut le protéger. Tout n'est pas une marchandise.

