«L'information est devenue un spectacle comme un autre»
Jean-Marie Charon, spécialiste de la presse, sociologue rattaché à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, décrypte la méthode employée par Orange et Zidane.
Par Christophe ALIX
jeudi 04 août 2005 (Liberation.fr - 17:31)
Que pensez-vous de la manière dont a été orchestré par Orange le retour de Zinedine Zidane en équipe de France de football?
C'est l'illustration du développement, tout particulièrement dans le domaine du sport, d'une forme de relations avec les médias, qui passe par l'exclusivité. Les champions monnayent leurs propos comme s'il s'agissait de leurs propres performances sportives. De l'exclusivité pour les matches, pour les images, on passe à un principe d'exclusivité pour les propos. Devenue propriété d'un média, l'information sportive est de plus en plus menacée de devenir une simple marchandise comme une autre.
Quelle est la légitimité du média Orange dans cette affaire?
Ce qui me frappe, c'est le mélange des genres dans les relations commerciales entre sportifs et les marques. L'information véhiculée par Orange sur Zidane a une vraie valeur informative mais sa visée est purement commerciale. Elle est là pour mettre en valeur la marque. Tout cela crée une sorte d'entre-deux entre information et communication en général, générateur de confusion dans l'esprit des gens, un étrange mélange. C'est un problème auquel l'on est de plus en plus souvent confronté.
Les opérateurs de télécoms deviennent-ils de nouvelles sources d'informations?
Ces opérateurs de télécoms, également extrêmement présents dans l'Internet, nous rejouent le vieux mythe du contournement des médiateurs. Exit les journalistes, les rédactions, les médiateurs traditionnels de l'information. C'est la mise en relation directe entre une vedette et son public, pour ne pas dire ses clients. Cet exemple est assez alarmant pour l'avenir de l'information. Le phénomène touche surtout le sport et un peu le show-bizz pour le moment mais risque de s'étendre. L'information est devenue un spectacle comme un autre, c'est attristant.
Jean-Marie Charon, spécialiste de la presse, sociologue rattaché à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, décrypte la méthode employée par Orange et Zidane.
Par Christophe ALIX
jeudi 04 août 2005 (Liberation.fr - 17:31)
Que pensez-vous de la manière dont a été orchestré par Orange le retour de Zinedine Zidane en équipe de France de football?
C'est l'illustration du développement, tout particulièrement dans le domaine du sport, d'une forme de relations avec les médias, qui passe par l'exclusivité. Les champions monnayent leurs propos comme s'il s'agissait de leurs propres performances sportives. De l'exclusivité pour les matches, pour les images, on passe à un principe d'exclusivité pour les propos. Devenue propriété d'un média, l'information sportive est de plus en plus menacée de devenir une simple marchandise comme une autre.
Quelle est la légitimité du média Orange dans cette affaire?
Ce qui me frappe, c'est le mélange des genres dans les relations commerciales entre sportifs et les marques. L'information véhiculée par Orange sur Zidane a une vraie valeur informative mais sa visée est purement commerciale. Elle est là pour mettre en valeur la marque. Tout cela crée une sorte d'entre-deux entre information et communication en général, générateur de confusion dans l'esprit des gens, un étrange mélange. C'est un problème auquel l'on est de plus en plus souvent confronté.
Les opérateurs de télécoms deviennent-ils de nouvelles sources d'informations?
Ces opérateurs de télécoms, également extrêmement présents dans l'Internet, nous rejouent le vieux mythe du contournement des médiateurs. Exit les journalistes, les rédactions, les médiateurs traditionnels de l'information. C'est la mise en relation directe entre une vedette et son public, pour ne pas dire ses clients. Cet exemple est assez alarmant pour l'avenir de l'information. Le phénomène touche surtout le sport et un peu le show-bizz pour le moment mais risque de s'étendre. L'information est devenue un spectacle comme un autre, c'est attristant.

