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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Patson Patson a écrit le 30 janvier 2017 à 21h20
LA RÉPUBLIQUE EN HAILLONS
M. Paul Biya, président de la république du Cameroun est au pouvoir depuis bientôt 35 ans. Tout comme Robert Mugabe au Zimbabwé, il entretient le secret - qui au fond n'en est pas un - de mourir au pouvoir, voire de gouverner à partir de l'outre-tombe.
A l'heure où nous écrivons, le satrape de Mvomeka est rattrapé par la sénilité. Et - une fois de plus, secret public - par la maladie. Qu'importe! Il ne partira pas de son propre gre. Que ceux qui cherchent à le déposer viennent donc le défenestrer!
Pourquoi s'obstiner alors que plusieurs pans du mur commencent à tomber? Que peut-il encore realiser au soir d'une vie facile et absorbée par les plaisirs qu'il n'a guère pu accomplir au cours de 34 ans de pouvoir absolu? À la vérité, strictement rien. L'avenir du premier gerontocrate se conjugue désormais au passé et il n'y a rien que quiconque puisse faire par rapport à ce cours naturel des choses.
Il laissera derrière lui une petite bombe à retardement. Trente quatre ans de gouvernement par l'inertie et la negligence ont fini par produire les conditions nécessaires pour l'émergence sur le flanc septentrional de l'un des mouvements terroristes les plus meurtriers de l'heure - un mélange de Sentier Lumineux, d'apoplexie soit-disant islamiste et de nihilisme tropical.
À quoi s'ajoute le lent pourrissement dans la région anglophone. Pris la main dans le sac, le régime de Yaounde et ses affidés veulent faire croire qu'il s'agit d'un conflit récent fomente par des voyous eux-mêmes manipulés par des forces externes. Il n'en est rien. Le feu couve sous la cendre depuis le milieu des années 1960.
L'idée de la réunification du Cameroun dans ses frontières allemande est née en même temps que le mouvement nationaliste Camerounais. Avec l'indépendance et le refus d'intégrer l'Union Française, elle fut la pierre angulaire du nationalisme upeciste. À trois reprises et défiant toutes sortes d'obstacles administratifs, Ruben Um NYOBE défendit cette idée devant la Commission de Tutelle de l'ONU, au prix de maints quolibets et menaces proférés par les 'descendants' d'Aujoulat qui tiennent en main les rênes du pays depuis 1958.
Quand Ahidjo entreprend son petit chemin de Damas après avoir été installé au pouvoir par la France, c'est pour littéralement faire main basse sur une région que l'on soupçonne déjà a l'époque d'abriter du petrole. La réunification en 1961 ne s'inscrit donc pas dans un véritable projet de
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