(suite)
Pour mieux faire comprendre ce que ressentent nos frères anglophones, inversons la situation.
Le 1er janvier 1960, le Southern Cameroon devient indépendant. Il négocie les conditions de la réunification avec le Cameroun francophone. Cette réunification est réalisée le 1er octobre 1961. Lors des négociations, le Cameroun francophone obtient la garantie que la forme fédérale de l’Etat serait à jamais intangible. Un article de la Constitution fédérale du 1er septembre 1961 consacre cette garantie. Il est tout de même mis fin à l’Etat fédéral le 20 mai 1972, et un Etat unitaire est institué. De Kribi à Ndikiniméki, de Batouri à Tibati, de Poli à Kousséri…. les populations sont désormais obligées de se rendre à Buéa pour suivre leurs dossiers. Il leur est exigé de s’exprimer en anglais. Devant des agents publics hautains et goguenards, prompts à les tourner en dérision, même ceux qui n’ont jamais appris l’anglais se voient obligés de baragouiner un camfranglais difficilement intelligible…
Qui pourrait, honnêtement, soutenir que les francophones se seraient satisfaits d’une telle situation, au point de s’y complaire et de se taire ?
3) Le non-respect des promesses solennelles faites pendant la campagne référendaire.
Les promesses faites pendant la campagne pour le « Oui » au référendum et qui avaient déterminé un grand nombre d’électeurs à voter dans ce sens le 20 mai 1972, ont à peine été respectées. C’est notamment le cas pour l’accélération du développement qui, dans ces deux régions, devait résulter des économies réalisées grâce à la suppression des institutions et organismes des Etats fédérés. Les mandataires du gouvernement fédéral et du parti de l’UNC avaient effectivement promis le bitumage des routes, la construction de barrages, l’urbanisation des villes, le développement des zones frontalières, etc. J’ai personnellement assisté à certains de ces discours, ayant fait partie de l’équipe du Secrétaire Politique de l’UNC et Ministre de l’Administration Territoriale Fédérale (je servais alors comme directeur de l’organisation du territoire dans ce ministère).
Pour mieux faire comprendre ce que ressentent nos frères anglophones, inversons la situation.
Le 1er janvier 1960, le Southern Cameroon devient indépendant. Il négocie les conditions de la réunification avec le Cameroun francophone. Cette réunification est réalisée le 1er octobre 1961. Lors des négociations, le Cameroun francophone obtient la garantie que la forme fédérale de l’Etat serait à jamais intangible. Un article de la Constitution fédérale du 1er septembre 1961 consacre cette garantie. Il est tout de même mis fin à l’Etat fédéral le 20 mai 1972, et un Etat unitaire est institué. De Kribi à Ndikiniméki, de Batouri à Tibati, de Poli à Kousséri…. les populations sont désormais obligées de se rendre à Buéa pour suivre leurs dossiers. Il leur est exigé de s’exprimer en anglais. Devant des agents publics hautains et goguenards, prompts à les tourner en dérision, même ceux qui n’ont jamais appris l’anglais se voient obligés de baragouiner un camfranglais difficilement intelligible…
Qui pourrait, honnêtement, soutenir que les francophones se seraient satisfaits d’une telle situation, au point de s’y complaire et de se taire ?
3) Le non-respect des promesses solennelles faites pendant la campagne référendaire.
Les promesses faites pendant la campagne pour le « Oui » au référendum et qui avaient déterminé un grand nombre d’électeurs à voter dans ce sens le 20 mai 1972, ont à peine été respectées. C’est notamment le cas pour l’accélération du développement qui, dans ces deux régions, devait résulter des économies réalisées grâce à la suppression des institutions et organismes des Etats fédérés. Les mandataires du gouvernement fédéral et du parti de l’UNC avaient effectivement promis le bitumage des routes, la construction de barrages, l’urbanisation des villes, le développement des zones frontalières, etc. J’ai personnellement assisté à certains de ces discours, ayant fait partie de l’équipe du Secrétaire Politique de l’UNC et Ministre de l’Administration Territoriale Fédérale (je servais alors comme directeur de l’organisation du territoire dans ce ministère).

