@tous
Par David Abouèm à Tchoyi, Ancien gouverneur du Sud-Ouest, puis du Nord-Ouest
Interpellé sur un plateau de télévision le soir du 31 Décembre 2016 sur la « question anglophone », je me suis rendu compte que ce problème était brouillé par de nombreuses idées fausses. J’ai donc estimé devoir écrire un article pour restituer ma part de vérité. En toute humilité, sans aucune prétention à l’exhaustivité ni, encore moins, au monopole de la vérité.C’est de l’étranger que j’ai suivi, non sans tristesse, les événements qui secouent depuis quelques temps les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Il ne m’a pas été possible d’accéder aux différentes informations ni à toutes les réactions officielles relatives à ces tristes événements. Mais j’ai une connaissance à la fois directe et intime des problèmes de ces deux régions, auxquelles m’attachent d’ailleurs des liens aussi forts que tendres : j’y ai passé une dizaine d’années de ma carrière administrative.
Existe-t-il un problème anglophone au Cameroun ? Oui, assurément. Du moins si l’on entend par « anglophone » les populations originaires du Nord-ouest et du Sud-ouest, celles qui y vivent ou qui y ont vécu, qu’elles parlent anglais ou non, qu’elles soient autochtones ou non, qu’elles y soient installées ou non. C’est effectivement comme cela que la plupart des Camerounais perçoivent l’ « anglophone » au Cameroun. Même ceux qui disent qu’est "anglophone " quiconque parle la langue anglaise ne citent que les ressortissants du Nord-ouest et du Sud-ouest lorsque, appelés à réfuter certaines revendications, ils en viennent à énumérer des postes occupés par des anglophones. Pourtant, tous les membres du gouvernement actuel s’expriment, sans difficultés, en anglais. Seraient-ils donc, tous, des anglophones? Pour souci de simplification, j’utiliserai le mot « francophone » pour désigner les Camerounais originaires de l’ancien Etat sous tutelle française.
Eruptions
L’on peut rester sourd à des appels, fermer les yeux devant l’évidence, se claustrer dans le déni, ou même penser comme le premier vice chancelier de l’université fédérale du Cameroun qui, répondant à cette question en 1964, eut cette phrase mémorable : « il n’y a pas de problème anglophone ; tous les anglophones apprennent très vite le français ». Mais c’est nous tous qui, très vite, pourrons être rattrapés par les réalités.
"Ce n'est pas, non plus, un problème de vivre ensemble. N'est-ce pas cette région qui accueillit à bras ouve
Par David Abouèm à Tchoyi, Ancien gouverneur du Sud-Ouest, puis du Nord-Ouest
Interpellé sur un plateau de télévision le soir du 31 Décembre 2016 sur la « question anglophone », je me suis rendu compte que ce problème était brouillé par de nombreuses idées fausses. J’ai donc estimé devoir écrire un article pour restituer ma part de vérité. En toute humilité, sans aucune prétention à l’exhaustivité ni, encore moins, au monopole de la vérité.C’est de l’étranger que j’ai suivi, non sans tristesse, les événements qui secouent depuis quelques temps les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Il ne m’a pas été possible d’accéder aux différentes informations ni à toutes les réactions officielles relatives à ces tristes événements. Mais j’ai une connaissance à la fois directe et intime des problèmes de ces deux régions, auxquelles m’attachent d’ailleurs des liens aussi forts que tendres : j’y ai passé une dizaine d’années de ma carrière administrative.
Existe-t-il un problème anglophone au Cameroun ? Oui, assurément. Du moins si l’on entend par « anglophone » les populations originaires du Nord-ouest et du Sud-ouest, celles qui y vivent ou qui y ont vécu, qu’elles parlent anglais ou non, qu’elles soient autochtones ou non, qu’elles y soient installées ou non. C’est effectivement comme cela que la plupart des Camerounais perçoivent l’ « anglophone » au Cameroun. Même ceux qui disent qu’est "anglophone " quiconque parle la langue anglaise ne citent que les ressortissants du Nord-ouest et du Sud-ouest lorsque, appelés à réfuter certaines revendications, ils en viennent à énumérer des postes occupés par des anglophones. Pourtant, tous les membres du gouvernement actuel s’expriment, sans difficultés, en anglais. Seraient-ils donc, tous, des anglophones? Pour souci de simplification, j’utiliserai le mot « francophone » pour désigner les Camerounais originaires de l’ancien Etat sous tutelle française.
Eruptions
L’on peut rester sourd à des appels, fermer les yeux devant l’évidence, se claustrer dans le déni, ou même penser comme le premier vice chancelier de l’université fédérale du Cameroun qui, répondant à cette question en 1964, eut cette phrase mémorable : « il n’y a pas de problème anglophone ; tous les anglophones apprennent très vite le français ». Mais c’est nous tous qui, très vite, pourrons être rattrapés par les réalités.
"Ce n'est pas, non plus, un problème de vivre ensemble. N'est-ce pas cette région qui accueillit à bras ouve

