La star franco congolaise, née il y a soixante ans à Kisangani, la grande ville du nord du pays, est poursuivie en France pour «viol sur mineure de quinze ans», «séquestration», «aide à l’entrée et au séjour d’une étrangère en France», «conditions de travail ou d’hébergement contraires à la dignité humaine».
Les faits se sont déroulés entre 2002 et 2006 sur des danseuses parfois mineures et aux parcours de vie perturbés par la perte de leurs parents dans la première guerre du Congo (1996-1997), la misère et la violence familiale. Après avoir été contrôlées sans papier à Lyon où elles se trouvaient pour un concert, trois d’entre elles se sont décidées à témoigner devant les juges, avec le soutien du Comité contre l’esclavage moderne.
«Viols» réguliers
Leurs récits parfois décousus décrivent un envers du décor sordide, dont le théâtre principal est une maison louée par l’artiste en banlieue parisienne, à Asnières (Hauts-de-Seine). Durant les tournées françaises, c’est là que sont hébergées les danseuses dont la plupart sont venues illégalement en France, munies de passeports d’autres individus fournis, disent-elles, par Koffi Olomidé. Un détail frappe les enquêteurs: «les portes et surtout les fenêtres étaient munies de verrous de nature à les empêcher de quitter les lieux», lit-on dans le dossier judiciaire que Le Monde Afrique a pu consulter.
Une danseuse y relate son quotidien lors des tournées françaises de Koffi Olomidé:
«Dès que le concert était terminé, on devait rentrer à la maison, à Asnières. On était gardées par trois vigiles. On était quatre dans la même chambre, on n’avait pas le droit de sortir sans autorisation. Je ne pouvais pas téléphoner, même à ma mère. On était payé 100euros pour un concert de minuit à six heures de matin. On était forcées de coucher avec lui: il appelait un vigile pour qu’il amène une danseuse à l’Etap Hôtel».
Puis elle décrit la brutalité sexuelle de l’un des pères de la rumba congolaise également redouté pour ses pratiques mystiques: «il fait de la magie, des trucs bizarres, il nous soufflait sur le corps».
Lorsque ce n’était pas à l’hôtel, les «viols» se déroulaient parfois dans le studio d’enregistrement ou dans les toilettes d’un supermarché d’Asnières, se souvient une autre danseuse âgée de quatorze ans à l’époque des faits.
«Il m’a demandé de l’accompagner faire des courses. (…) Il m’a demandé de déposer le caddie, que j’aille aux toilettes et que je ne ferme pas la porte. Après, il est
Les faits se sont déroulés entre 2002 et 2006 sur des danseuses parfois mineures et aux parcours de vie perturbés par la perte de leurs parents dans la première guerre du Congo (1996-1997), la misère et la violence familiale. Après avoir été contrôlées sans papier à Lyon où elles se trouvaient pour un concert, trois d’entre elles se sont décidées à témoigner devant les juges, avec le soutien du Comité contre l’esclavage moderne.
«Viols» réguliers
Leurs récits parfois décousus décrivent un envers du décor sordide, dont le théâtre principal est une maison louée par l’artiste en banlieue parisienne, à Asnières (Hauts-de-Seine). Durant les tournées françaises, c’est là que sont hébergées les danseuses dont la plupart sont venues illégalement en France, munies de passeports d’autres individus fournis, disent-elles, par Koffi Olomidé. Un détail frappe les enquêteurs: «les portes et surtout les fenêtres étaient munies de verrous de nature à les empêcher de quitter les lieux», lit-on dans le dossier judiciaire que Le Monde Afrique a pu consulter.
Une danseuse y relate son quotidien lors des tournées françaises de Koffi Olomidé:
«Dès que le concert était terminé, on devait rentrer à la maison, à Asnières. On était gardées par trois vigiles. On était quatre dans la même chambre, on n’avait pas le droit de sortir sans autorisation. Je ne pouvais pas téléphoner, même à ma mère. On était payé 100euros pour un concert de minuit à six heures de matin. On était forcées de coucher avec lui: il appelait un vigile pour qu’il amène une danseuse à l’Etap Hôtel».
Puis elle décrit la brutalité sexuelle de l’un des pères de la rumba congolaise également redouté pour ses pratiques mystiques: «il fait de la magie, des trucs bizarres, il nous soufflait sur le corps».
Lorsque ce n’était pas à l’hôtel, les «viols» se déroulaient parfois dans le studio d’enregistrement ou dans les toilettes d’un supermarché d’Asnières, se souvient une autre danseuse âgée de quatorze ans à l’époque des faits.
«Il m’a demandé de l’accompagner faire des courses. (…) Il m’a demandé de déposer le caddie, que j’aille aux toilettes et que je ne ferme pas la porte. Après, il est

