@NSWHO
La conscience africaine ? Tout le monde a droit à la vie. Donc on partage. Le bonheur de l’autre fait le mien. Moi qui ai travaillé plusieurs années avec les Pygmées Baka de l’Est Cameroun, j’y ai vécu des scènes qui m’ont faite pleurer. Exemple : je marche avec un groupe de femmes et au détour d’un sentier, nous croisons un jeune garçon qui revient de la forêt, chargé de fruits de "moabi". Ces fruits seront probablement le seul repas de la journée pour lui et sa famille. Les femmes interpellent le garçon, qui ne pense même pas à se dérober. Elles vont se servir dans son panier. Mais avant de le faire, elles comptent le nombre de fruits utiles pour la maison du jeune garçon. Elles se servent et remettent les fruits dans le panier. Puis elles lui disent : "si quelqu’un d’autre te demande les fruits, tu dis que les grands ont déjà compté." J’ai appris que cette phrase permet à tout autre adulte attiré par le panier de savoir qu’il ne reste que le strict minimum pour la famille du garçon, et il n’y touchera pas. Il guettera un autre jeune dont les fruits n’auront pas "été comptés". Un autre exemple ? Je fais un projet fabrication de beignets enrichi au soja avec des jeunes filles Pygmées Baka. Nous étions 20 à faire les courses et apprêter le nécessaire. Mais le jour de la fabrication des beignets, nous ne sommes que 12. Que font les jeunes filles Pygmées au moment du partage ? Elles posent 20 assiettes devant elles, puis la cheftaine entame un modèle de partage que j’ignorais. Tour 1(et tous les tours impairs) : chaque assiette reçoit un beignet. Tout 2(et tous les tours pairs) : elle saute l’assiette des absentes, seules les présentes en reçoivent. Au final, les absentes ont eu exactement la moitié du nombre de beignets reçus par les présentes. Vous voyez le sens de la justice ? ça rejoint la pensée "Ubuntu" qui a inspiré la vie politique de Nelson Mandela
La conscience africaine ? Tout le monde a droit à la vie. Donc on partage. Le bonheur de l’autre fait le mien. Moi qui ai travaillé plusieurs années avec les Pygmées Baka de l’Est Cameroun, j’y ai vécu des scènes qui m’ont faite pleurer. Exemple : je marche avec un groupe de femmes et au détour d’un sentier, nous croisons un jeune garçon qui revient de la forêt, chargé de fruits de "moabi". Ces fruits seront probablement le seul repas de la journée pour lui et sa famille. Les femmes interpellent le garçon, qui ne pense même pas à se dérober. Elles vont se servir dans son panier. Mais avant de le faire, elles comptent le nombre de fruits utiles pour la maison du jeune garçon. Elles se servent et remettent les fruits dans le panier. Puis elles lui disent : "si quelqu’un d’autre te demande les fruits, tu dis que les grands ont déjà compté." J’ai appris que cette phrase permet à tout autre adulte attiré par le panier de savoir qu’il ne reste que le strict minimum pour la famille du garçon, et il n’y touchera pas. Il guettera un autre jeune dont les fruits n’auront pas "été comptés". Un autre exemple ? Je fais un projet fabrication de beignets enrichi au soja avec des jeunes filles Pygmées Baka. Nous étions 20 à faire les courses et apprêter le nécessaire. Mais le jour de la fabrication des beignets, nous ne sommes que 12. Que font les jeunes filles Pygmées au moment du partage ? Elles posent 20 assiettes devant elles, puis la cheftaine entame un modèle de partage que j’ignorais. Tour 1(et tous les tours impairs) : chaque assiette reçoit un beignet. Tout 2(et tous les tours pairs) : elle saute l’assiette des absentes, seules les présentes en reçoivent. Au final, les absentes ont eu exactement la moitié du nombre de beignets reçus par les présentes. Vous voyez le sens de la justice ? ça rejoint la pensée "Ubuntu" qui a inspiré la vie politique de Nelson Mandela

