Le bilan que je pourrais tirer de la situation de l’Afrique subsaharienne, dans sa grande diversité, est d’abord une leçon cristalline : toute libération est coûteuse et dévoreuse de quantités de ressources, humaines, techniques, financières, spirituelles, temporelles, etc. On ne se sort pas de plusieurs siècles de domination, de domestication, d’anéantissement par endroits, d’écrasement ailleurs, de prédations sans cesse renouvelée, par des incantations sporadiques ou des proclamations solennelles, ce que j’ai nommé «proclamationnisme». La tâche est colossale, littéralement démiurgique !
Les colonisateurs ne se seraient pas donné tant de mal, se propulsant à l’assaut de terres hostiles et lointaines, équarrissant un continent découpé vif, mettant en culture par la force « esclavisée » des étendues massives de terres, se lançant dans une extraction gigantesque de tout ce que le sous-sol connu pouvait avoir de lucratif, modifiant, par le viol physique et symbolique, les constantes des civilisations autochtones, toute cette titanesque débauche d’énergie, pour, du jour au lendemain, par une sensation étrange d’excès de domination, d’humanisme débordant, s’en retourner chez eux se gardant dorénavant d’ingérence dans les affaires des nouveaux Etats libres.
Les colonisateurs ne se seraient pas donné tant de mal, se propulsant à l’assaut de terres hostiles et lointaines, équarrissant un continent découpé vif, mettant en culture par la force « esclavisée » des étendues massives de terres, se lançant dans une extraction gigantesque de tout ce que le sous-sol connu pouvait avoir de lucratif, modifiant, par le viol physique et symbolique, les constantes des civilisations autochtones, toute cette titanesque débauche d’énergie, pour, du jour au lendemain, par une sensation étrange d’excès de domination, d’humanisme débordant, s’en retourner chez eux se gardant dorénavant d’ingérence dans les affaires des nouveaux Etats libres.

