Douala, été 1999. Le petit Henri n’est pas encore le “Bédimonstre“ connu du côté de Gerland. Juste un jeune Camerounais épris de football, comme de nombreux autres adolescents de quinze ans. Dans son quartier de Bonamoussadi, un an après le Mondial français, il rêve, sans trop y croire, à une carrière professionnelle. De toute façon, ses parents ne l’entendent pas de cette oreille. «Pour mon papa, le football était pour ceux qui avaient raté leurs études. Au Cameroun, tu n’en vis pas. Mes parents auraient préféré que je continue mes études pour être avocat ou quelque chose comme ça !», souligne Henri Bédimo. Enfant issu d’un milieu modeste, il fréquente un centre de pré-formation et côtoie de nombreux autres enfants. «Mon père gagnait bien sa vie et nous étions tous scolarisés. Le football m’a rapproché de certains jeunes en difficulté. Quand j’allais à l’entraînement, j’avais la chance d’avoir des crampons, certains avaient des basquets et d’autres avaient des chaussures rafistolées. Je me rendais compte que j’avais de la chance de partir, le matin, en ayant déjeuné et de rentrer le midi, alors que certains ne mangeaient qu’une seule fois par jour.»
Un jour, son destin bascule. Le club de Grenoble organise une détection. Le désormais Lyonnais doit, parmi cent cinquante autres gamins, faire ses preuves. Avec un camarade, il est le seul retenu. «Au début, mes parents prenaient ça pour une blague ! Mais quand les dirigeants sont venus, en disant qu’ils allaient s’occuper de mon passeport, ils ont compris que c’était vrai.» Direction l’Isère donc, pour un dépaysement total. Différence de culture, de mode de vie et de… climat ! «C’était un choc, mais j’ai quand même eu de la chance, car je suis arrivé en été et j’ai pu sentir les températures décliner…», se marre aujourd’hui le latéral gauche. Mais tout n’a pas toujours été drôle. La première année en France, loin des siens, Henri Bédimo traverse quelques moments difficiles et quelques coups de blues. Surtout les week-ends où il n’y avait pas de match au programme. «Les coéquipiers rentraient chez eux et tu restais tout seul au centre de formation, se remémore l’intéressé. C’est vrai que c’était difficile, mais ça te donne une motivation supplémentaire pour réussir.»
En 2003, les sacrifices d’une adolescence sont récompensés. À 19 ans, le jeune Camerounais signe son premier contrat pro, avec le Toulouse FC. Dans le sud-ouest, la concurrence est rude, le couloir gauche étant occupé par Jérémy Mathieu. Qu’imp
Un jour, son destin bascule. Le club de Grenoble organise une détection. Le désormais Lyonnais doit, parmi cent cinquante autres gamins, faire ses preuves. Avec un camarade, il est le seul retenu. «Au début, mes parents prenaient ça pour une blague ! Mais quand les dirigeants sont venus, en disant qu’ils allaient s’occuper de mon passeport, ils ont compris que c’était vrai.» Direction l’Isère donc, pour un dépaysement total. Différence de culture, de mode de vie et de… climat ! «C’était un choc, mais j’ai quand même eu de la chance, car je suis arrivé en été et j’ai pu sentir les températures décliner…», se marre aujourd’hui le latéral gauche. Mais tout n’a pas toujours été drôle. La première année en France, loin des siens, Henri Bédimo traverse quelques moments difficiles et quelques coups de blues. Surtout les week-ends où il n’y avait pas de match au programme. «Les coéquipiers rentraient chez eux et tu restais tout seul au centre de formation, se remémore l’intéressé. C’est vrai que c’était difficile, mais ça te donne une motivation supplémentaire pour réussir.»
En 2003, les sacrifices d’une adolescence sont récompensés. À 19 ans, le jeune Camerounais signe son premier contrat pro, avec le Toulouse FC. Dans le sud-ouest, la concurrence est rude, le couloir gauche étant occupé par Jérémy Mathieu. Qu’imp

