Cameroun - Fraude:
10.000 FCFA pour un faux acte de naissance
Malgré la création du bureau national de l'état civil (Bunec), il demeure facile de falsifier ce document au Cameroun.
Depuis quelques jours, les élèves du secondaire constituent les dossiers d'inscription pour la session 2014 des examens officiels. Pour certains, c'est le moment de rajeunir, afin de rattraper le temps perdu. Pour avoir l'âge requis d'entrée dans la gendarmerie qui est de 23 ans au maximum, Eric a décidé de «couper son âge». Né en 1989, il a pris sur lui de transformer ces chiffres en 1999 sur son acte de naissance, ce qui lui fait désormais sept ans de moins que son vrai âge.
Malgré des grains de barbe visibles sur le menton, il se présente au bureau du censeur de son établissement, dans la ville de Bafoussam, le jeudi 7 novembre 2013, pour remplir la fiche d'inscription au Probatoire. Le responsable constate la rature et observe que son nouvel âge ne correspond pas aux données du candidat, inscrit dans son établissement depuis huit ans. Il s'en étonne. L'élève tente une explication qui accuse ses parents, et cherche à corrompre le censeur, afin qu'il remplace les anciennes pièces de son dossier scolaire.
Face au refus du censeur, le garçon s'en va et revient deux heures après avec un acte de naissance fraîchement établi. Le censeur proteste et confisque le document. Très énervé, il décide de changer de nom. En une demi-journée, il obtient, auprès d'un intermédiaire, un autre acte, sur lequel figure le cachet du tribunal qui l'authentifie. Le secrétaire d'état civil aurait donné un imprimé signé à Eric, qu'il est allé remplir lui-même. Il devient ainsi le propriétaire de trois actes de naissance, avec trois identités différentes.
Complicité des auxiliaires d'état civil
Dans nos villes et villages, les réseaux de production des faux actes sont connus. La facilité avec laquelle on les fabrique est étonnante. Le phénomène est tellement banalisé que même les jeunes élèves savent quoi faire ou qui rencontrer pour rajeunir. Dans un lycée de Bafoussam, par exemple, la plupart des candidats au Probatoire cette année ont environ 14 ans.
A Yaoundé, il est facile de se faire établir un faux acte de naissance auprès des personnes proches des agents communaux, moyennant 10 000F. CFA, peut-être même moins, si l'on se rend dans des bourgades comme Foto-Lesse. Fossong Wentcheng, Bawa Dschang ou Bebong, Njinjang par Santchou. Certains auxiliaires des centres d'état civil disposent de registres déjà s
10.000 FCFA pour un faux acte de naissance
Malgré la création du bureau national de l'état civil (Bunec), il demeure facile de falsifier ce document au Cameroun.
Depuis quelques jours, les élèves du secondaire constituent les dossiers d'inscription pour la session 2014 des examens officiels. Pour certains, c'est le moment de rajeunir, afin de rattraper le temps perdu. Pour avoir l'âge requis d'entrée dans la gendarmerie qui est de 23 ans au maximum, Eric a décidé de «couper son âge». Né en 1989, il a pris sur lui de transformer ces chiffres en 1999 sur son acte de naissance, ce qui lui fait désormais sept ans de moins que son vrai âge.
Malgré des grains de barbe visibles sur le menton, il se présente au bureau du censeur de son établissement, dans la ville de Bafoussam, le jeudi 7 novembre 2013, pour remplir la fiche d'inscription au Probatoire. Le responsable constate la rature et observe que son nouvel âge ne correspond pas aux données du candidat, inscrit dans son établissement depuis huit ans. Il s'en étonne. L'élève tente une explication qui accuse ses parents, et cherche à corrompre le censeur, afin qu'il remplace les anciennes pièces de son dossier scolaire.
Face au refus du censeur, le garçon s'en va et revient deux heures après avec un acte de naissance fraîchement établi. Le censeur proteste et confisque le document. Très énervé, il décide de changer de nom. En une demi-journée, il obtient, auprès d'un intermédiaire, un autre acte, sur lequel figure le cachet du tribunal qui l'authentifie. Le secrétaire d'état civil aurait donné un imprimé signé à Eric, qu'il est allé remplir lui-même. Il devient ainsi le propriétaire de trois actes de naissance, avec trois identités différentes.
Complicité des auxiliaires d'état civil
Dans nos villes et villages, les réseaux de production des faux actes sont connus. La facilité avec laquelle on les fabrique est étonnante. Le phénomène est tellement banalisé que même les jeunes élèves savent quoi faire ou qui rencontrer pour rajeunir. Dans un lycée de Bafoussam, par exemple, la plupart des candidats au Probatoire cette année ont environ 14 ans.
A Yaoundé, il est facile de se faire établir un faux acte de naissance auprès des personnes proches des agents communaux, moyennant 10 000F. CFA, peut-être même moins, si l'on se rend dans des bourgades comme Foto-Lesse. Fossong Wentcheng, Bawa Dschang ou Bebong, Njinjang par Santchou. Certains auxiliaires des centres d'état civil disposent de registres déjà s

