Pour être un pur produit du système éducatif camerounais et pour y avoir enseigné, je sais que c'est un formidable atout que nous avons nous-même complètement détruit.
J'ai été élève entre 1976 et 1989, et j'ai vu la progression du système éducatif en qualité et en puissance. Un ministre comme Ndam Njoya, le meilleur que nous ayons eu jusqu'à ce jour, a abattu en quelques années un travail formidable, dont nous avons longtemps retiré les bénéfices. La plupart de nos élites intellectuelles ont été titulaires du "CEPE Ndam Njoya" et ça, mes amis, c'est un diplôme dont on peut être fier ! Je ne pense pas me tromper (je suis enseignant) en disant qu'un "CEPE Ndam Njoya" vaut largement aujourd'hui une licence. En tout cas, à lire le texte produit par un titulaire de ce CEPE et celui "écrit" par nos étudiants d'aujourd'hui, on se demande si la langue française est toujours la même.
Ensuite, j'ai été étudiant entre 1989 et 1992, les "années de braise". Les choses allaient encore tant bien que mal, même si on sentait bien que la gangrène était déjà bien avancée. Les années 90 ont sonné la révolution, et avec le "Parlement" on a bougé la République. Mais hélas, les politiciens nous ont eu en nous divisant grâce à des arguments tribalistes. Désormais c'en était fait, et un Agbor Tabi (le pire des responsables de l'éducation que nous ayons eu) pouvait avec arrogance décréter le paiement des droits et d'autres abominations, le peuple, lassé de marches inutiles et de violences, s'est laissé prendre ce qui lui restait de dignité.
J'ai été à l'ENS entre 1992 et 1994, puis j'ai enseigné 3 ans au pays avant de dégager. Là j'ai assisté à la mise à mort de notre système éducatif. La clochardisation des enseignants a parachevé la corruption généralisée de ce corps. On a vendu ce qui nous restait d'âme au diable, et on a hypothéqué l'âme de nos descendants.
Aujourd'hui, l'infection est telle que ce qui est étonnant, ce n'est pas que des jeunes gens se mettent en grève de la faim pour sauver tout un pays. Ce qui est étonnant, c'est que certaines personnes puissent s'en étonner. Il suffit d'aller voir dans n'importe quel établissement de notre pays : une pseudo-école où les cancres réussissent pendant que les enfants intelligents se noient dans l'indifférence générale. Tout est à vendre : les notes des uns, les charmes des autres. Les responsables volent 90 % du budget, avec la complicité de ceux qui devraient les punir. Les parents s'en lavent les mains, lorsqu'ils n'éduquent pas leurs enfants dans l'esprit selon lequel la vraie intelligence, c'est de comprendre comment le système fonctionne et d'en profiter.
Conclusion : se déclarer intelligent ou intellectuel au Cameroun aujourd'hui ne relève pas de la vantardise, mais de la témérité. Pitié pour nous et pour nos enfants !
J'ai été élève entre 1976 et 1989, et j'ai vu la progression du système éducatif en qualité et en puissance. Un ministre comme Ndam Njoya, le meilleur que nous ayons eu jusqu'à ce jour, a abattu en quelques années un travail formidable, dont nous avons longtemps retiré les bénéfices. La plupart de nos élites intellectuelles ont été titulaires du "CEPE Ndam Njoya" et ça, mes amis, c'est un diplôme dont on peut être fier ! Je ne pense pas me tromper (je suis enseignant) en disant qu'un "CEPE Ndam Njoya" vaut largement aujourd'hui une licence. En tout cas, à lire le texte produit par un titulaire de ce CEPE et celui "écrit" par nos étudiants d'aujourd'hui, on se demande si la langue française est toujours la même.
Ensuite, j'ai été étudiant entre 1989 et 1992, les "années de braise". Les choses allaient encore tant bien que mal, même si on sentait bien que la gangrène était déjà bien avancée. Les années 90 ont sonné la révolution, et avec le "Parlement" on a bougé la République. Mais hélas, les politiciens nous ont eu en nous divisant grâce à des arguments tribalistes. Désormais c'en était fait, et un Agbor Tabi (le pire des responsables de l'éducation que nous ayons eu) pouvait avec arrogance décréter le paiement des droits et d'autres abominations, le peuple, lassé de marches inutiles et de violences, s'est laissé prendre ce qui lui restait de dignité.
J'ai été à l'ENS entre 1992 et 1994, puis j'ai enseigné 3 ans au pays avant de dégager. Là j'ai assisté à la mise à mort de notre système éducatif. La clochardisation des enseignants a parachevé la corruption généralisée de ce corps. On a vendu ce qui nous restait d'âme au diable, et on a hypothéqué l'âme de nos descendants.
Aujourd'hui, l'infection est telle que ce qui est étonnant, ce n'est pas que des jeunes gens se mettent en grève de la faim pour sauver tout un pays. Ce qui est étonnant, c'est que certaines personnes puissent s'en étonner. Il suffit d'aller voir dans n'importe quel établissement de notre pays : une pseudo-école où les cancres réussissent pendant que les enfants intelligents se noient dans l'indifférence générale. Tout est à vendre : les notes des uns, les charmes des autres. Les responsables volent 90 % du budget, avec la complicité de ceux qui devraient les punir. Les parents s'en lavent les mains, lorsqu'ils n'éduquent pas leurs enfants dans l'esprit selon lequel la vraie intelligence, c'est de comprendre comment le système fonctionne et d'en profiter.
Conclusion : se déclarer intelligent ou intellectuel au Cameroun aujourd'hui ne relève pas de la vantardise, mais de la témérité. Pitié pour nous et pour nos enfants !

