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guyzoducamer guyzoducamer a écrit le 5 avril 2005 à 23h24
UN DERBY POUR LE PICHICHI ETOO

Florentino Pérez et Jorge Valdano, alors directeur sportif du club blanc*, avaient assisté, à un festival de Samuel Etoo lors du dernier Real Madrid-Majorque, que ce dernier joua sous les couleurs du club vermillon. L'équipe des Baléares gagna par 2-3, et le camerounais inscrivit deux des trois buts de Majorque. À chacun de ses buts, il fit une dédicace, pour le public et surtout, pour les occupants des sièges en cuir, Florentino et Valdano, qui avaient si peu fait pour le retenir au Bernabéu. En pointant son index vers la partie "noble" du stade, Eto'o conseillait ainsi au président madrilène et à son assesseur sportif d'écouter : en fait il leur disait " je suis d'ici, j'aurai dû rester ici".

Eto'o a signé au Barça l'été dernier, devant la passivité d'un Florentino qui ne voulait pas du joueur camerounais parmi les siens, et qui justifia cette attitude par le manque de place pour un autre joueur non communautaire. Et Eto'o s'en est allé, même si son coeur était ainsi divisé. " Je vais courir comme un noir, pour pouvoir vivre comme un blanc" annonçait-il lors de sa présentation avec la tunique bleue et grenat du Barça. *Mais Eto'o a le coeur blanc, il a toujours rêvé de triompher en tant que madrilène, même si la blessure reste ouverte, et qu'elle se cicatrise peu à peu, avec un baume bleu et grenat.

Il en a déja marqué 21
Le rendement de Eto'o a confirmé que la décision de Florentino Pérez était une erreur. Les 12 millions d'euros que Madrid a encaissé pour les 50% du transfert, semblent être une plaisanterie comparés aux 21 buts déja inscris par Eto'o en 30 journées de championnat. Diego Forlan qui joue une saison exceptionnelle avec Villarréal, est son challenger le plus proche avec 18 buts.

Les prestations d'Eto'o lors de ses apparitions contre le Réal ne sont pas les moins spectaculaires. Il leur a marqué 8 buts, un en Supercoupe, deux en Coupe du Roi et cinq en 9 matchs de championnat, le plus proche dans le temps, fut inscris le 20 novembre dernier.

" Ce but m'a rendu fou, ce fut une des joies les plus grandes de ma vie. J'aurai pu courir ce jour là jusqu'au Cameroun", confessa t-il le jour suivant son premier "clasico" en tant que barcelonais, qui se termina par un 3-0 au Nou Camp.

Il y a une motivation supplémentaire lorsque Eto'o affronte le Réal Madrid. Avant, c'était pour revendiquer sa place parmi les galactiques, conscient du fait que chaque but ouvrirait, si ce n'était le coeur, les yeux des supporters, qui finiraient par réclamer son recrutement. Comme ce n'est pas arrivé, l'intérêt particulier de Eto'o pour le "clasico" a pris un goût de revanche, même si il fait très attention de ne rien dire de mal concernant le Réal.

Le meilleur en Afrique

Eto'o, qui a une seconde fois consécutive obtenu le Ballon d'Or Africain avait rempli le Bernabéu d'émotion, lors de sa dernière apparition au Chamartín.(nom d'une gare située à un kilomètre du Bernabéu). Chaque fois qu'il touchait le ballon, se faisait un silence, une attitude révérencieuse réservée à ceux pour lesquels on a du respect. Tout avait commencé à se gâter pour le Réal, lorsque le camerounais avait surpassé Raul Bravo en vélocité pour inscrire le premier but.

Une contre attaque lui avait offert une balle renvoyée par la défense, et Eto'o l'avait reprise avec puissance et vitesse, et surtout grâce à une bonne lecture du jeu, avant la sortie de Iker Casillas. Mais c'est le deuxième but qui s'avéra être un joyau.

La défense madrilène semblait avoir joué au ralenti, comme dans cette annonce publicitaire dans laquelle les acteurs avancent à des vitesses différentes : Eto'o avait reçu la balle dans une position de 9 en retrait, il contrôla sans problème, se retrouva face à deux défenseurs, les élimina l'un après l'autre, et décocha un tir imparable.

Pour l'instant, et jusqu'à jeudi, Eto'o garde le silence. Il sait bien qu'il est le grand protagoniste de la semaine, mais il ne veut pas faire de déclarations. Il veut mettre le Bernabéu à ses pieds, et que Florentino se le tienne pour dit, Eto'o donnera tout ce dimanche.

Traduit de l'espagnol

http://www.as.com/articulo.html?d_date=20050405&xref=20050405dasdaiftb_10&type=Tes&anchor=dasftb
*Lorsqu'on dit les "blancs" en Espagne(los blancos), on parle du Réal qui porte un maillot blanc, comme lorsqu'on parle des bleus et grenats (azulgrana) en parlant de la couleur du maillot du Barça. En y passant, on voit toute la subtilité de Eto'o, car on peut se poser la question de savoir, lorsqu'il affirme, "je vais courir comme un noir..." : parle t'il de la couleur de la peau en évoquant le le fait de vivre comme un blanc? ou parle t-il des blancs galactiques du Réal?
Merci de patienter...
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