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JOHN BARRICK JOHN BARRICK a écrit le 6 juin 2013 à 7h00
Kofi Yamgnane prend position

En réalité, le ministre Kofi Yamgnane, Français d’origine togolaise, profite de la réaction de Bernard Houdin pour prendre clairement position en faveur du président Gbagbo. Pour lui, le refus de rendre au président sa liberté confisquée depuis plus de deux ans, alors même que l’accusation n’a pas été capable de produire des preuves sérieuses contre lui, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. C’est cela qu’il veut traduire en indiquant que «la seule bonne réponse» à la Cpi, c’est de dire : «Trop, c’est trop !». Ce qui traduit le ras-le bol des Africains. Il a même baptisé ce ras-le-bol la «révolution des gueux».
Selon le dictionnaire universel, un gueux, c’est un pauvre, un mendiant qui tend toujours la main. C’est cette idée dévalorisante que les Occidentaux se font des Africains. C’est pourquoi ils n’ont aucune considération pour eux. Et la Cpi a été justement mise en place pour humilier les chefs d’Etat africains qui refusent de servir leur cause : celle du néocolonialisme.
A l’instar de Karl Max qui appelait les «prolétaires» du monde à s’unir contre les «bourgeois» qui les exploitaient, Kofi Yamgnane appelle les Africains que les Occidentaux traitent de «gueux» à se révolter contre la Cpi. En ce qu’elle est l’instrument qui sert la cause du néocolonialisme. Mais Kofi Yamgnane estime que les Africains doivent mettre cette révolution en route en étant «sûrs de la réussite» de leur initiative. Faute de quoi «on se contente juste de protester contre l’injustice, le deux poids deux mesures».
La clef de cette réussite se trouve dans la solidarité des chefs d’Etat et des intellectuels africains. En somme de tous les fils du continent face à l’humiliation que leur font subir ceux qui se considèrent comme les maîtres du monde à travers la Cpi.

Le cas Gbagbo rassemble les Africains

Ce message du ministre Yamgnane sonne fort heureusement comme quelque chose qui enfonce une porte déjà ouverte. En ce sens que des voix de chefs d’Etat et des intellectuels africains se lèvent de plus en plus pour dire non à la justice raciale que pratique la Cpi, pour reprendre les termes du Premier ministre éthiopien, nouvellement élu président de l’Union africaine, Haïlemariam Desalaign. Et ce, depuis l’incarcération du président Gbagbo à La Haye. Cette prise de conscience des Africains s’est davantage accentuée avec le refus de remettre le président Gbagbo en liberté alors que les juges ont estimé qu’il n’y a pas suffisamment de preuves contre lui.
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