On avait pourtant souri tout au long de cette composition psalmodiée en douala (sa langue natale), sur un rythme sensuel de samba. Ses onomatopées vocales à la Bobby McFerrin - avec qui il a souvent joué - sont magnifiques et, en écoutant ses contes mis en musique, on voit la vie de Bona défiler à toute vitesse: son enfance, le balafon (instrument à cordes) que lui avait offert son grand-père à l'âge de 3 ans, son arrivée à Douala, "la grande métropole", avec cet instrument qui lui paraissait si ringard à côté des guitares et des basses électriques déjà en vogue dans les clubs.
Sa carrière, " une suite de coups de chance " - qui portent le nom de Manu Dibango, Salif Keita, Herbie Hancock, Sylvain Luc (guitariste à l'infini), Chaka Kahn... Ce coup de fil de son agent, en avril dernier: "Stevie Wonder veut que tu soies dans son prochain album ". Stevie, lui, a tout compris: lors de l'enregistrement de son disque, à Los Angeles, il a demandé à Bona de jouer des percussions, puis de chanter avec lui et, seulement à la fin, de sortir sa basse. Tout y est passé: jazz, soul, Motown, Afrique, rythmes cubains de clave, gammes pentatoniques du Japon.
Richard Bona
Richard Bona lors de l'enregistrement du nouvel album de Stevie Wonder. Avec le producteur David Foster.
Comme dans ce concert où les instruments sont rois, aux limites de leurs possibilités, guidés par des idées et non par des phrasés clichés. Le public est heureux, l'ambiance chaleureuse et intime, les éclats de rire résonnent comme les breaks de batterie.
Quand, dans l'auditoire, on l'exhorte à chanter l'hymne national camerounais, Richard Bona répond: " Les hymnes en Afrique ne nous appartiennent pas, ils n'ont rien à voir avec notre musique!" Il le joue pour le prouver: la mélodie est martiale, enfermée dans son rythme binaire borné. Connu pour son sens de l'humour, le musicien se lance dans un véritable one man show, parodiant le côté mélodramatique de la chanson française (sans méchanceté, ou presque) - "La chanson française est un état d'esprit, une manière d'être..." - et improvisant une ballade hilarante, Tu es partie, sans te retourner. Puis il sort son looper - un appareil qui permet d'enregistrer une phrase musicale et de la superposer à d'autres - et glisse: " Voilà , je m'enregistre, mais tout est en direct, je ne suis pas en playback. Récemment, j'ai donné une interview au magazine L'Express en dénonçant une réalité: aujourd'hui, la plupart des stars de la pop et du rock se produisent en pla
Sa carrière, " une suite de coups de chance " - qui portent le nom de Manu Dibango, Salif Keita, Herbie Hancock, Sylvain Luc (guitariste à l'infini), Chaka Kahn... Ce coup de fil de son agent, en avril dernier: "Stevie Wonder veut que tu soies dans son prochain album ". Stevie, lui, a tout compris: lors de l'enregistrement de son disque, à Los Angeles, il a demandé à Bona de jouer des percussions, puis de chanter avec lui et, seulement à la fin, de sortir sa basse. Tout y est passé: jazz, soul, Motown, Afrique, rythmes cubains de clave, gammes pentatoniques du Japon.
Richard Bona
Richard Bona lors de l'enregistrement du nouvel album de Stevie Wonder. Avec le producteur David Foster.
Comme dans ce concert où les instruments sont rois, aux limites de leurs possibilités, guidés par des idées et non par des phrasés clichés. Le public est heureux, l'ambiance chaleureuse et intime, les éclats de rire résonnent comme les breaks de batterie.
Quand, dans l'auditoire, on l'exhorte à chanter l'hymne national camerounais, Richard Bona répond: " Les hymnes en Afrique ne nous appartiennent pas, ils n'ont rien à voir avec notre musique!" Il le joue pour le prouver: la mélodie est martiale, enfermée dans son rythme binaire borné. Connu pour son sens de l'humour, le musicien se lance dans un véritable one man show, parodiant le côté mélodramatique de la chanson française (sans méchanceté, ou presque) - "La chanson française est un état d'esprit, une manière d'être..." - et improvisant une ballade hilarante, Tu es partie, sans te retourner. Puis il sort son looper - un appareil qui permet d'enregistrer une phrase musicale et de la superposer à d'autres - et glisse: " Voilà , je m'enregistre, mais tout est en direct, je ne suis pas en playback. Récemment, j'ai donné une interview au magazine L'Express en dénonçant une réalité: aujourd'hui, la plupart des stars de la pop et du rock se produisent en pla

