Richard Bona au Café de la Danse, c'était comment ?
On l'entendra jouer et chanter dans le prochain album de Stevie Wonder... Entre-temps, le bassiste et compositeur camerounais s'est produit, à Paris, au Café de la Danse, pour accompagner la sortie de son magnifique album Bonafied.
Un concert, dix voyages. Richard Bona explore la planète bleue, égrène des rythmes du Brésil et de Cuba, mélange le fado du Mississipi au blues lusitanien, le swing camerounais au groove du tango... Vous n'avez rien compris? C'est parfait. Richard Bona, né dans le village de Minta (Cameroun) et résidant à New York, a le don de brouiller les pistes, de construire des architectures musicales extrêmement sophistiquées sans que l'on s'en aperçoive. Le secret culturel fait partie de l'art des chamans.
Quand, au début du concert, Bona reprend Three Views of a Secret de Jaco Pastorius - extraordinaire bassiste disparu - on est enveloppé par la douceur de cette ballade couchée sur des arrangements de cordes, flottante comme les atmosphères de Joe Zawinul... On entend du jazz, du rock, de la musique classique et un soupçon de Berlioz, mais ça reste du Bona: apparemment simple, terriblement contagieux.
Sur ce nuage l'accordéoniste Vincent Peirani pose ses sonorités inouïes qui semblent surgir d'un instrument à vent. La basse groove avec délicatesse, discrète. "Vous êtes venus m'écouter et je n'ai même pas fait un solo?! lance Richard Bona au public. Mais, je ne suis pas un bassiste." Il plaisante, mais pas vraiment. S'il ne renie pas le bassiste virtuose qui est en lui - compagnon de route de Pat Metheny, de Quincy Jones ou de Lauryn Hill, avec qui il vient d'enregistrer un album - ce musicien et compositeur a bien plus à offrir qu'un solo. Il le démontre à chaque instant de ce concert, comme sur les plages de son nouvel album, Bonafied. Bona, le chanteur camerounais, enchante par sa voix de ténor capable d'attaquer le phrasé avec des aigus mirobolants, tout comme les vocalistes africains et les grands jazzmen. Rien n'est plus ardu que de chanter tout bas et son mélisme en "sussurrato" sur les dernières notes de Mut'Esukudu tire des larmes.
On avait pourtant souri tout au long de cette composition psalmodiée en douala (sa langue natale), sur un rythme sensuel de samba. Ses onomatopées vocales à la Bobby McFerrin - avec qui il a souvent joué - sont magnifiques et, en écoutant ses contes mis en musique, on voit la vie de Bona défiler à toute vitesse: son enfance, le balafon (instrument à cordes) que
On l'entendra jouer et chanter dans le prochain album de Stevie Wonder... Entre-temps, le bassiste et compositeur camerounais s'est produit, à Paris, au Café de la Danse, pour accompagner la sortie de son magnifique album Bonafied.
Un concert, dix voyages. Richard Bona explore la planète bleue, égrène des rythmes du Brésil et de Cuba, mélange le fado du Mississipi au blues lusitanien, le swing camerounais au groove du tango... Vous n'avez rien compris? C'est parfait. Richard Bona, né dans le village de Minta (Cameroun) et résidant à New York, a le don de brouiller les pistes, de construire des architectures musicales extrêmement sophistiquées sans que l'on s'en aperçoive. Le secret culturel fait partie de l'art des chamans.
Quand, au début du concert, Bona reprend Three Views of a Secret de Jaco Pastorius - extraordinaire bassiste disparu - on est enveloppé par la douceur de cette ballade couchée sur des arrangements de cordes, flottante comme les atmosphères de Joe Zawinul... On entend du jazz, du rock, de la musique classique et un soupçon de Berlioz, mais ça reste du Bona: apparemment simple, terriblement contagieux.
Sur ce nuage l'accordéoniste Vincent Peirani pose ses sonorités inouïes qui semblent surgir d'un instrument à vent. La basse groove avec délicatesse, discrète. "Vous êtes venus m'écouter et je n'ai même pas fait un solo?! lance Richard Bona au public. Mais, je ne suis pas un bassiste." Il plaisante, mais pas vraiment. S'il ne renie pas le bassiste virtuose qui est en lui - compagnon de route de Pat Metheny, de Quincy Jones ou de Lauryn Hill, avec qui il vient d'enregistrer un album - ce musicien et compositeur a bien plus à offrir qu'un solo. Il le démontre à chaque instant de ce concert, comme sur les plages de son nouvel album, Bonafied. Bona, le chanteur camerounais, enchante par sa voix de ténor capable d'attaquer le phrasé avec des aigus mirobolants, tout comme les vocalistes africains et les grands jazzmen. Rien n'est plus ardu que de chanter tout bas et son mélisme en "sussurrato" sur les dernières notes de Mut'Esukudu tire des larmes.
On avait pourtant souri tout au long de cette composition psalmodiée en douala (sa langue natale), sur un rythme sensuel de samba. Ses onomatopées vocales à la Bobby McFerrin - avec qui il a souvent joué - sont magnifiques et, en écoutant ses contes mis en musique, on voit la vie de Bona défiler à toute vitesse: son enfance, le balafon (instrument à cordes) que

