La SODECOTON (Société de Développement du Coton), ne serait-elle pas à l'image de son Directeur Général? Ou alors c'est le contraire qui serait de mise... En tout cas, c'est une société en plein essor qui est aujourd'hui sous les feux des projeteurs, du fait d'une gestion jugée calamiteuse de son principal administrateur. 10 millions de dollars US de bénéfices réalisés durant l'année 2011, soit environ 05 milliards de FCFA, rares sont les entreprises du secteur public qui peuvent se targuer d'une telle performance par ces temps de crise financière. Une réalisation nettement en hausse par rapport aux 02 millions de dollars US, près de 01 milliard de FCFA enregistrés en 2010, alors que les prévisions pour 2012 se situaient autour de 14,43 millions de dollars, sensiblement 7, 215 milliards de FCFA. Si l'on s'en tient à la communication délivrée par son Directeur Général en personne, Iya Mohammed, «la SODECOTON est l'une de meilleures sociétés de coton d'Afrique. C'est la création de richesse et de valeur ajoutée. C'est surtout le fleuron agro-industriel du Nord-Cameroun... », débitait-il devant la presse au terme du Conseil d'Administration de la société tenu en juin 2011. Qui plus est, précisait-il, le Conseil d'Administration avait apprécié le bon fonctionnement de la société, ainsi que la qualité des documents présentés par la Direction Générale, ce qui avait facilité le déroulement des travaux. Toutefois, ce quitus de gestion, doublé des prétendues performances de l'entreprise, n'ont pas plaidé en faveur du Directeur Général durant les travaux du Conseil de Discipline Budgétaire et Financière du Contrôle Supérieur de l'Etat du 27 mars 2013, qui lui a plutôt infligé des sanctions pour le moins mémorables: 09 milliards de FCFA de dommages et intérêts à payer à l'Etat du Cameroun pour le préjudice financier subi par la SODECOTON, du fait des 20 fautes de gestion recensées à son encontre, assortis d'une amende spéciale de 02 millions de FCFA, et d'une interdiction d'administrer une société publique pendant 07 ans. En somme, un désaveu grave pour Iya Mohammed.

