Vous n'êtes jamais invité ?
Ma dernière CAN en tant que joueur date de 1988 et on ne m'a jamais invité depuis. Moi je m'en fous, mais les autres qui n'ont pas l'habitude de voyager, on pourrait les faire venir. Non, on préfère inviter les Occidentaux qui sont soi-disant de grands joueurs. Mais en Afrique, qui sont les grands joueurs si ce n'est les joueurs africains eux-mêmes ? Quand les Occidentaux organisent des compétitions, les Africains ne sont pas invités. C'est tout le drame : l'UEFA ne convie pas les Africains alors qu'ils ont participé à l'essor du football européen. Sincèrement, il faut le dire.
Il y a quelques jours, Frédéric Thiriez [le président de la Ligue de football professionnel] a déclaré que si le foot français en est là aujourd'hui, c'est grâce au foot africain. Personne ne peut le nier. C'est comme ça : nous, les Africains, nous acceptons toujours tout, nous avalons.
Et pourquoi acceptez-vous ? Pourquoi ne pas s'impliquer ?
Je ne peux plus, je l'ai fait, j'ai les mains liées. Il y a quelques années, j'étais membre de la commission de la CAF, avec Abedi Pelé et George Weah. En 2002, quand Hayatou s'était présenté à la présidence de la FIFA (face à Joseph Blatter), nous étions contre : il nous a tous virés de la CAF. Et pendant qu'on nous virait, nous étions en train d'être nommés à la FIFA. Les gens ont trouvé ça ridicule.
En septembre dernier, la CAF a voté un amendement qui vise à restreindre l'accès à la présidence de l'institution. Pour être candidat, il faut être – ou avoir été – membre du comité exécutif de la CAF. Que pensez-vous de cette situation ? N'y a-t-il pas un risque de verrouiller le système de l'intérieur ?
Est-ce que c'est normal ça ? C'est du jamais vu ! Abedi Pelé a voulu se présenter, on l'a chassé. Avant lui, il y a eu Rachid Mekhloufi, on l'a chassé ; Salif Keïta, on l'a chassé. Il n'y a que des "bras cassés" à la CAF, je suis désolé de le dire. Tous les grands joueurs, qui incarnent le véritable football, sont tous en dehors, on ne veut pas les voir.
Comment faire alors pour qu'ils soient visibles ?
Je lance un appel aux Etats africains afin qu'ils annulent ce genre de vote que l'on peut voir à la CAF. Eux seuls sont capable de le faire, c'est eux qui font la CAF. Si demain ils disent à leur équipe nationale de ne plus jouer, la CAF n'existe plus, il n'y aura plus de compétition. Ils doivent apporter de la clairvoyance, de l'honnêteté dans le foot africain. Les pays sortent beaucoup d'argent pour l
Ma dernière CAN en tant que joueur date de 1988 et on ne m'a jamais invité depuis. Moi je m'en fous, mais les autres qui n'ont pas l'habitude de voyager, on pourrait les faire venir. Non, on préfère inviter les Occidentaux qui sont soi-disant de grands joueurs. Mais en Afrique, qui sont les grands joueurs si ce n'est les joueurs africains eux-mêmes ? Quand les Occidentaux organisent des compétitions, les Africains ne sont pas invités. C'est tout le drame : l'UEFA ne convie pas les Africains alors qu'ils ont participé à l'essor du football européen. Sincèrement, il faut le dire.
Il y a quelques jours, Frédéric Thiriez [le président de la Ligue de football professionnel] a déclaré que si le foot français en est là aujourd'hui, c'est grâce au foot africain. Personne ne peut le nier. C'est comme ça : nous, les Africains, nous acceptons toujours tout, nous avalons.
Et pourquoi acceptez-vous ? Pourquoi ne pas s'impliquer ?
Je ne peux plus, je l'ai fait, j'ai les mains liées. Il y a quelques années, j'étais membre de la commission de la CAF, avec Abedi Pelé et George Weah. En 2002, quand Hayatou s'était présenté à la présidence de la FIFA (face à Joseph Blatter), nous étions contre : il nous a tous virés de la CAF. Et pendant qu'on nous virait, nous étions en train d'être nommés à la FIFA. Les gens ont trouvé ça ridicule.
En septembre dernier, la CAF a voté un amendement qui vise à restreindre l'accès à la présidence de l'institution. Pour être candidat, il faut être – ou avoir été – membre du comité exécutif de la CAF. Que pensez-vous de cette situation ? N'y a-t-il pas un risque de verrouiller le système de l'intérieur ?
Est-ce que c'est normal ça ? C'est du jamais vu ! Abedi Pelé a voulu se présenter, on l'a chassé. Avant lui, il y a eu Rachid Mekhloufi, on l'a chassé ; Salif Keïta, on l'a chassé. Il n'y a que des "bras cassés" à la CAF, je suis désolé de le dire. Tous les grands joueurs, qui incarnent le véritable football, sont tous en dehors, on ne veut pas les voir.
Comment faire alors pour qu'ils soient visibles ?
Je lance un appel aux Etats africains afin qu'ils annulent ce genre de vote que l'on peut voir à la CAF. Eux seuls sont capable de le faire, c'est eux qui font la CAF. Si demain ils disent à leur équipe nationale de ne plus jouer, la CAF n'existe plus, il n'y aura plus de compétition. Ils doivent apporter de la clairvoyance, de l'honnêteté dans le foot africain. Les pays sortent beaucoup d'argent pour l

