QUESTION : Loi de la cité. La non-loi de Clairefontaine, l’usine à stars de la fédération française de football ? La plupart des footballeurs que vous épinglez sont issus de cette structure d’élite.
DOMENECH :
- Un peu. On vit dans l’ellipse. Ils sont mis dans l’élite, et, eux, petit à petit s’octroient tous les passe-droits. Parce qu’ils vont être achetés, parce qu’ils vont être sollicités par quatre ou cinq grands clubs, ils se donnent l’impression qu’ils sont devenus des stars à 17-18 ans, alors qu’ils n’ont rien prouvé encore, à part faire un championnat d’Europe junior. Ils n’ont pas compris ce qu’était la vie, on ne leur a pas expliqué. Parce que déjà ils gagnent mieux que leurs parents. Donc la hiérarchie, l’autorité, sont bousculées, bafouées. Et si on n’est pas solide à ce moment-là … Moi, à 18 ans, j’ai vécu cette situation, je gagnais 10 fois le salaire de mon père, mais j’étais un cas individuel. On était tout de suite avec des vieux qui vous remettaient à votre place. C’était "pousse-toi de la table de massage, c’est mon tour. Quand j’aurai fini, tu auras le droit". Maintenant, ils sont à se renforcer les uns les autres, ils vivent en vase clos. Nous, on n’avait pas de centre de formation. Le mec qui sortait pro, c’était exceptionnel. Tout le monde était heureux pour lui, il était quelque chose de différent mais pas à part.
QUESTION :
Ce qu’il y a d’étonnant également chez les Bleus de 2010, c’est cette focalisation sur la "taupe". Les joueurs ne sont pas tant scandalisés par le "Enculé, fais la tout seul ton équipe de merde" de Nicolas Anelka que par le fait que cette altercation ait fuité dans la presse…
DOMENECH :
- J’appelle ça la loi de la meute. C’est à celui qui s’impose, qui crie le plus fort. C’est valorisant, je pense que ça existe dans tous les groupes.
DOMENECH :
- Un peu. On vit dans l’ellipse. Ils sont mis dans l’élite, et, eux, petit à petit s’octroient tous les passe-droits. Parce qu’ils vont être achetés, parce qu’ils vont être sollicités par quatre ou cinq grands clubs, ils se donnent l’impression qu’ils sont devenus des stars à 17-18 ans, alors qu’ils n’ont rien prouvé encore, à part faire un championnat d’Europe junior. Ils n’ont pas compris ce qu’était la vie, on ne leur a pas expliqué. Parce que déjà ils gagnent mieux que leurs parents. Donc la hiérarchie, l’autorité, sont bousculées, bafouées. Et si on n’est pas solide à ce moment-là … Moi, à 18 ans, j’ai vécu cette situation, je gagnais 10 fois le salaire de mon père, mais j’étais un cas individuel. On était tout de suite avec des vieux qui vous remettaient à votre place. C’était "pousse-toi de la table de massage, c’est mon tour. Quand j’aurai fini, tu auras le droit". Maintenant, ils sont à se renforcer les uns les autres, ils vivent en vase clos. Nous, on n’avait pas de centre de formation. Le mec qui sortait pro, c’était exceptionnel. Tout le monde était heureux pour lui, il était quelque chose de différent mais pas à part.
QUESTION :
Ce qu’il y a d’étonnant également chez les Bleus de 2010, c’est cette focalisation sur la "taupe". Les joueurs ne sont pas tant scandalisés par le "Enculé, fais la tout seul ton équipe de merde" de Nicolas Anelka que par le fait que cette altercation ait fuité dans la presse…
DOMENECH :
- J’appelle ça la loi de la meute. C’est à celui qui s’impose, qui crie le plus fort. C’est valorisant, je pense que ça existe dans tous les groupes.

