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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Anoumah Anoumah a écrit le 10 novembre 2012 à 14h36
Qu’est ce qu’il a fait ?

Oumar m’a dit toi le Camerounais ! Comment as-tu fait pour te retrouver encore à Gao, on t’a demandé de dégager le territoire donc quand nous t’avons mis dans le car pour Niamey tu es redescendu, justement parce que tu es un mercenaire de la Cedeao. Alors tu dois nous dire la vérité.

C’est là alors qu’il m’a récupéré. Une nouvelle phase de torture a commencé. Il a placé un casque sur ma tête qui a perturbé toute ma mémoire. Le matin il a enlevé le casque et il m’a reposé la même question.

Laquelle ?

Si j’étais un militaire mercenaire de la Cedeao. Je lui ai dit non. Il a mis une pince dans ma bouche, arraché la peau de l’intérieur et placé un bout de fer. Mon Dieu ! C’est en ce moment que j’ai vu la mort et tout ce que je lui disais c’est que je ne suis pas mercenaire. Il m’a frappé et cassé ma côte gauche. Le deuxième jour, il m’a mis en prison.

Est-ce une vraie prison, et vous étiez au nombre de combien à l’intérieur ?

C’est une vieille maison dans laquelle certains membres du Mujao habitent. Ça n’a rien d’une prison ? À l’intérieur j’ai retrouvé une fille qui était presque morte.
On parle de la Charia et on vous met dans la même prison que les filles ?

Le mot Charia qu’ils prononcent n’est que du blasphème. C’est une façon de mieux gérer leur rébellion si je peux dire ainsi. Sinon les pratiques qu’ils font là bas n’ont rien à voir avec le Coran.

As-tu pu échanger avec la fille prisonnière ?

Oui je lui ai demandé pourquoi elle était là, elle m’a dit qu’elle voulait filmer certaines choses et on l’a attrapée. Et que son histoire était très compliquée pour moi. Vu ma situation, je me suis tu.

Comment avez-vous fait pour vous évader de la prison ?

Au quatrième jour d’incarcération, les militaires du Mujao qui nous gardaient étaient en train de discuter entre eux.

Qu’est ce qu’ils disaient ?

Ils disaient que ça fait déjà deux mois qu’ils sont là sans salaire, et qu’ils ne sont pas partis de leur pays pour venir travailler gratuitement au Mali. Qu’ils étaient prêts à déposer les armes et à retourner.

Alors, tu as profité de cette discussion pour t’échapper ?

Non, quelques heures après la discussion, l’un de leur chef est venu avec leur salaire. Il leur a dit que le président avait envoyé 30 millions de Fcfa et qu’il ne pouvait que payer un mois d’arriéré en attendant la fin de la semaine pour tout régulariser. Alors il les a payés et comme ils étaient contents ils ont commencé à fêter et c’est en ce moment que j’ai profité pour fuir.
Merci de patienter...
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