L’Espagne 2012, c’est Busquets
Si le débat du numéro 9 attire toute l’attention en Espagne, celui du dessin du milieu de terrain reste encore tabou. En 2008, Luis Aragonés positionne le seul Marcos Senna derrière Xavi, avec autour une combinaison faite d’Iniesta, Fà bregas et Silva (deux sur trois en quarts et demies, les trois en finale). Et ainsi, Xavi le MVP joue comme au Barça, avec quatre joueurs offensifs devant lui. Mais l’arrivée de Del Bosque bouleverse les choses. Face à des adversaires connaissant par cœur les mouvements de la Selección, Vicente décide de privilégier le contrôle du jeu au jeu lui-même, sacrifiant un attaquant pour placer un milieu Alonso-Busquets-Xavi. D’une part, Alonso et Busquets sont trop bons pour ne pas être titulaires. D’autre part, leur association a rendu la Roja invincible. Si l’Espagne de 2008 était Xavi, l’Espagne de 2012 est Busquets : plus équilibrée, plus impressionnante, plus monstrueuse. Une équipe jouant avec une telle sécurité qu’elle peut se permettre d’attendre l’heure de jeu pour accélérer, et la prolongation pour jouer avec son intensité maximale.
À la construction espagnole, quand Xavi va chercher le ballon au niveau de Piqué et Ramos, Busquets et Alonso se placent plus haut pour former un premier triangle. Quand Xavi lui donne, il lui remet, quand on essaye de lui prendre le ballon, il le garde pour le rendre à Xavi, et quand Xavi lui dit d’aller le donner sur l’aile, il y va. En fait, c’est un peu comme si Xavi pouvait à tout moment jouer avec son ombre. Une ombre plus grande et plus jeune. Comme un robot, Busquets fait tout cela sans un seul déchet. Sergio ne perd jamais un ballon, ne se laisse jamais intimider par un quelconque pressing, ne rate jamais une seule passe et ne fait jamais de faute débile. 456 passes tentées en 5 matchs, 85% de réussite. 4 fautes commises en 480 minutes et 12 fautes subies (10e de l’Euro). Busquets est « injouable ». Si Busquets n’a pas un rôle important dans la finition, il est crucial pour que la Roja respecte la fameuse règle des cinq secondes : à la perte de balle, les joueurs espagnols ont cinq secondes pour la récupérer, puis se replacent dans une position défensive classique en cas d’échec du pressing.
Contrôler, contrôler et gagner
L’Espagne a atteint un contrôle du jeu jamais connu auparavant. C’est simple, le but de Zidane en 2006 est le dernier but encaissé par la Roja en match à élimination directe. Pour cette raison, la doublette de milieux défensifs sera à nouveau alignée ce soir. En face, sel
Si le débat du numéro 9 attire toute l’attention en Espagne, celui du dessin du milieu de terrain reste encore tabou. En 2008, Luis Aragonés positionne le seul Marcos Senna derrière Xavi, avec autour une combinaison faite d’Iniesta, Fà bregas et Silva (deux sur trois en quarts et demies, les trois en finale). Et ainsi, Xavi le MVP joue comme au Barça, avec quatre joueurs offensifs devant lui. Mais l’arrivée de Del Bosque bouleverse les choses. Face à des adversaires connaissant par cœur les mouvements de la Selección, Vicente décide de privilégier le contrôle du jeu au jeu lui-même, sacrifiant un attaquant pour placer un milieu Alonso-Busquets-Xavi. D’une part, Alonso et Busquets sont trop bons pour ne pas être titulaires. D’autre part, leur association a rendu la Roja invincible. Si l’Espagne de 2008 était Xavi, l’Espagne de 2012 est Busquets : plus équilibrée, plus impressionnante, plus monstrueuse. Une équipe jouant avec une telle sécurité qu’elle peut se permettre d’attendre l’heure de jeu pour accélérer, et la prolongation pour jouer avec son intensité maximale.
À la construction espagnole, quand Xavi va chercher le ballon au niveau de Piqué et Ramos, Busquets et Alonso se placent plus haut pour former un premier triangle. Quand Xavi lui donne, il lui remet, quand on essaye de lui prendre le ballon, il le garde pour le rendre à Xavi, et quand Xavi lui dit d’aller le donner sur l’aile, il y va. En fait, c’est un peu comme si Xavi pouvait à tout moment jouer avec son ombre. Une ombre plus grande et plus jeune. Comme un robot, Busquets fait tout cela sans un seul déchet. Sergio ne perd jamais un ballon, ne se laisse jamais intimider par un quelconque pressing, ne rate jamais une seule passe et ne fait jamais de faute débile. 456 passes tentées en 5 matchs, 85% de réussite. 4 fautes commises en 480 minutes et 12 fautes subies (10e de l’Euro). Busquets est « injouable ». Si Busquets n’a pas un rôle important dans la finition, il est crucial pour que la Roja respecte la fameuse règle des cinq secondes : à la perte de balle, les joueurs espagnols ont cinq secondes pour la récupérer, puis se replacent dans une position défensive classique en cas d’échec du pressing.
Contrôler, contrôler et gagner
L’Espagne a atteint un contrôle du jeu jamais connu auparavant. C’est simple, le but de Zidane en 2006 est le dernier but encaissé par la Roja en match à élimination directe. Pour cette raison, la doublette de milieux défensifs sera à nouveau alignée ce soir. En face, sel

