Lu sur le site Abidjan.net
Lien: http://www.abidjan.net/actualites/h/120007.html
Avant le match Barcelone-Chelsea, Didier Drogba prévient : “Je veux gagner, c’est toutâ€
Le Temps - 2/23/2005 12:28:35 AM
Dans une interview accordée au Magazine planète foot, l'attaquant ivoirien de Chelsea, Didier Drogba, se dévoile. Il parle de son transfert mirobolant de Marseille à Chelsea, du match de feu contre Barcelone en Ligue des Champions et de la situation en Côte d'Ivoire.
Didier, Chelsea caracole en tête du championnat d'Angleterre. Ça y est, c'est joué ?
On est devant, ce n'est pas pour cela qu'on va arrêter le championnat demain. C'est à la fin du bal que l'on paye les musiciens comme on dit. Or un peu partout en Europe, on a déjà vu des avances fondretrès vite. Nous sommes sereins mais nous restons concentrés sur notre objectif.
As-tu le sentiment d'évoluer dans une équipe intouchable ?
J'ai le sentiment d'évoluer dans une équipe qui maîtrise son football, qui le récite, oui, mais très intelligemment. Maintenant, se sentir intouchable, non; ce serait la pire des erreurs à commettre. Des matches, on va en perdre, mais pas beaucoup d'affilée. Car on a une capacité de réaction très intéressante.
C'est ça aussi l'effet Mourinho ?
Avant tout, c'est la force des joueurs eux-mêmes. C'est un caractère, un état d'esprit. Mourinho nous motive chaque jour, la veille du match, le jour du match, le lendemain du match. C'est une vraie culture de la gagne.
Après ton adaptation exceptionnelle à L'OM, ton nouveau style de vie ne semble pas trop te perturber. Vrai ?
Non, je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas aller aussi vite, aussi bien qu'à l'OM. Parce qu'il y a eu ma blessure. Elle m'a fait rater des matches de championnat où j'aurais pu avoir des opportunités et ajouter quelques buts en plus à mon compteur. Mais d'un autre côté, il fallait que je coupe un peu…. J'ai vécu deux années bien chargées. Je me dis que cette saison, peu importe le nombre de buts, l'essentiel, c'est d'apporter ma pierre à l'édifice. Ce n'est plus le côté individualiste qui prime, j'ai vraiment envie de gagner des titres collectifs.
N'as-tu jamais souffert d'être l'homme qui valait 37 millions d'euros ?
Ah non, pas du tout. Ils le rappellent souvent mais sincèrement non, jamais. Dans les stades, même à domicile, dès que je rate une occasion, j'entends : " Pourquoi ils ont dépensé autant d'argent ? " Il y a même une chanson. Eh ! j'ai ma chanson à Stamford Bridge. Mais ça ne me gêne pas, au contraire, ça me booste (m'encourage).
N'as-tu pas peur maintenant que l'on attend trop de toi ?
Non, j'ai fait abstraction de tout ça. Je pense que les gens attendent de moi ce que j'ai fait l'année dernière à Marseille. C'est ce qui leur a donné envie de me voir à Chelsea. Donc, j'essaie de rester moi-même, de continuer dans ma logique et voilà .
Un mot sur Mourinho ? Il est plutôt papa poule ou père fouettard ?
Déjà , c'est tout le contraire de l'image qu'il peut donner sur un banc de touche, cette personne froide et arrogante. Moi, je dis que c'est un gagneur, quelqu'un d'ambitieux. Le problème quand tu déclares que tu as envie de gagner et que tu vas gagner, c'est que ça ne plaît pas tout le temps. Ça dérange. Je trouve qu'il a beaucoup de mérite. Pas grand monde, ce serait mouillé en début de saison en disant : Nous allons rempoter le titre. Lui, il l'a fait et pour le moment, ça marche pas mal.
Didier, depuis plusieurs semaines, les terrains de football européen sont le théâtre d'actes racistes. Quelle est ta réaction ?
Très sincèrement, pour ce qui a été de l'Espagne, ça ne m'a pas étonné. L'an passé à Madrid, j'avais entendu quelques bruits de la sorte déjà sur mon but contre le Réal.
C'est dommage. Il y a des gens qui n’ont pas compris. Ils ont oublié de se développer intellectuellement. Aujourd'hui, on en parle. Mais ça existe depuis des années. Moi, en poussins (il saisit une banane sur la table), les mecs balançaient une banane, comme ça sur le terrain. En poussins !on n’en parlait pas. Là c'était contre l'Angleterre, et les Anglais, ils ne sont pas avares au niveau de la presse. Mais le phénomène existe depuis pas mal d'années.
Tu as envie de réagir, de faire quelque chose ?
Tout ce que je peux faire, c'est essayer d'être le meilleur dans ce que je fais. Montrer vraiment que n'importe qui peut….Et peu importe ta couleur. Chacun a sa chance.
Un peu comme contre Barcelone en Champions League ; c'est une vrai boucherie ces huitièmes de finale, non ?
Ça va être une grosse rencontre parmi tant d'autres ! Parce que si on passe, il y aura un gros match derrière. J'ai toujours rêvé d'aller jouer au Nou Camp. J'espère que je serais bien physiquement ce jour-là .
Dans quel état d'esprit abordes-tu ce second printemps européen consécutif, sachant que le premier fut assez incroyable pour toi, avec des buts chaque jour, excepté en finale contre valence ?
Avec beaucoup d'enthousiasme. C'est vrai que l'année dernière avec le Réal, Porto à l'automne, l'Inter, Newcastle, et Liverpool en UEFA au printemps, on a connu des moments forts et intenses. Mais là , quand je vois les matches qui restent, les équipes, je me dis que je vais découvrir encore autre chose.
Chelsea -Barcelone, c'est une affiche de rêve pour les fans. Mais pour les joueurs, ce n'est qu'un huitième de finale ?
Barcelone, c'est ce qui se fait de mieux en ce moment en Europe… avec Chelsea. Après, je m'en fous de croiser un tel ou un tel. Je veux gagner, c'est tout.
Y a-t-il un style de défenseur que tu souhaites éviter ou, au contraire qui te réussit mieux ?
Non, il n’y en a pas ! Là , c'est du haut niveau, c'est du costaud. Les matches se jouent sur un détail. Comme l'année dernière contre Liverpool. Il faut être prêt.
Paradoxalement, après ta blessure, ne lances-tu pas véritablement en ce début 2005 ta saison malgré ton adaptation plutôt réussie?
C'est vrai qu'au niveau de l'état d'esprit, je suis bien dans ma tête. La saison dernière, à partir de janvier, j'avais toujours un pépin. Toujours un peu mal quelque part, donc je ne pouvais pas donner le meilleur de moi-même. Je tirais sur la corde et surtout j'ai arrêté de travailler entre les rencontres, c'était surtout récupération et soins. Je ne pouvais plus progresser. Là , depuis l'opération, je sens mon corps fiable. Je recommence à bosser, donc à progresser.
Au fait, le championnat anglais, c'est plutôt les grands espaces, l'absence de la culture tactique ou…tout autre chose ?
Ce n'est pas de l'absence tactique. C'est plus l'envie de gagner et de jouer. Donc ça laisse des espaces, mais ce n'est pas pour cela qu'il n'y a aucune consigne tactique, bien sûr que non. Ici, même quand tu reçois les derniers du championnat chez toi, ils viennent pour jouer. Je me souviens de Norwich, à Stamford Bridge, c'était ça. En France, quand tu es à Marseille, l'équipe qui arrive au vélodrome, vient pour défendre un point c'est tout. C'est l'état d'esprit surtout qui est différent.
Didier, que ressens-tu face à la situation qui prévaut dans ton pays ?
Je suis né en Côte d'Ivoire et j'ai grandi en France. Je me retrouve donc en plein dedans. J'ai encore pas mal d'amis français qui vivent là -bas, de la famille aussi, bien évidemment. Je suis touché par tout ce qui s’y passe. Il y a beaucoup d'incompréhensions. Entre la réalité des événements et les informations relayées dans la presse, il y a un grand fossé. Je trouve cela dommage. Si je pouvais lancer un message, ce serait le retour au calme. Parce que le pays n'avance pas. Or, il y a beaucoup de choses à tirer de la Côte d'Ivoire.
Source Magazine Planère Foot
Lien: http://www.abidjan.net/actualites/h/120007.html
Avant le match Barcelone-Chelsea, Didier Drogba prévient : “Je veux gagner, c’est toutâ€
Le Temps - 2/23/2005 12:28:35 AM
Dans une interview accordée au Magazine planète foot, l'attaquant ivoirien de Chelsea, Didier Drogba, se dévoile. Il parle de son transfert mirobolant de Marseille à Chelsea, du match de feu contre Barcelone en Ligue des Champions et de la situation en Côte d'Ivoire.
Didier, Chelsea caracole en tête du championnat d'Angleterre. Ça y est, c'est joué ?
On est devant, ce n'est pas pour cela qu'on va arrêter le championnat demain. C'est à la fin du bal que l'on paye les musiciens comme on dit. Or un peu partout en Europe, on a déjà vu des avances fondretrès vite. Nous sommes sereins mais nous restons concentrés sur notre objectif.
As-tu le sentiment d'évoluer dans une équipe intouchable ?
J'ai le sentiment d'évoluer dans une équipe qui maîtrise son football, qui le récite, oui, mais très intelligemment. Maintenant, se sentir intouchable, non; ce serait la pire des erreurs à commettre. Des matches, on va en perdre, mais pas beaucoup d'affilée. Car on a une capacité de réaction très intéressante.
C'est ça aussi l'effet Mourinho ?
Avant tout, c'est la force des joueurs eux-mêmes. C'est un caractère, un état d'esprit. Mourinho nous motive chaque jour, la veille du match, le jour du match, le lendemain du match. C'est une vraie culture de la gagne.
Après ton adaptation exceptionnelle à L'OM, ton nouveau style de vie ne semble pas trop te perturber. Vrai ?
Non, je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas aller aussi vite, aussi bien qu'à l'OM. Parce qu'il y a eu ma blessure. Elle m'a fait rater des matches de championnat où j'aurais pu avoir des opportunités et ajouter quelques buts en plus à mon compteur. Mais d'un autre côté, il fallait que je coupe un peu…. J'ai vécu deux années bien chargées. Je me dis que cette saison, peu importe le nombre de buts, l'essentiel, c'est d'apporter ma pierre à l'édifice. Ce n'est plus le côté individualiste qui prime, j'ai vraiment envie de gagner des titres collectifs.
N'as-tu jamais souffert d'être l'homme qui valait 37 millions d'euros ?
Ah non, pas du tout. Ils le rappellent souvent mais sincèrement non, jamais. Dans les stades, même à domicile, dès que je rate une occasion, j'entends : " Pourquoi ils ont dépensé autant d'argent ? " Il y a même une chanson. Eh ! j'ai ma chanson à Stamford Bridge. Mais ça ne me gêne pas, au contraire, ça me booste (m'encourage).
N'as-tu pas peur maintenant que l'on attend trop de toi ?
Non, j'ai fait abstraction de tout ça. Je pense que les gens attendent de moi ce que j'ai fait l'année dernière à Marseille. C'est ce qui leur a donné envie de me voir à Chelsea. Donc, j'essaie de rester moi-même, de continuer dans ma logique et voilà .
Un mot sur Mourinho ? Il est plutôt papa poule ou père fouettard ?
Déjà , c'est tout le contraire de l'image qu'il peut donner sur un banc de touche, cette personne froide et arrogante. Moi, je dis que c'est un gagneur, quelqu'un d'ambitieux. Le problème quand tu déclares que tu as envie de gagner et que tu vas gagner, c'est que ça ne plaît pas tout le temps. Ça dérange. Je trouve qu'il a beaucoup de mérite. Pas grand monde, ce serait mouillé en début de saison en disant : Nous allons rempoter le titre. Lui, il l'a fait et pour le moment, ça marche pas mal.
Didier, depuis plusieurs semaines, les terrains de football européen sont le théâtre d'actes racistes. Quelle est ta réaction ?
Très sincèrement, pour ce qui a été de l'Espagne, ça ne m'a pas étonné. L'an passé à Madrid, j'avais entendu quelques bruits de la sorte déjà sur mon but contre le Réal.
C'est dommage. Il y a des gens qui n’ont pas compris. Ils ont oublié de se développer intellectuellement. Aujourd'hui, on en parle. Mais ça existe depuis des années. Moi, en poussins (il saisit une banane sur la table), les mecs balançaient une banane, comme ça sur le terrain. En poussins !on n’en parlait pas. Là c'était contre l'Angleterre, et les Anglais, ils ne sont pas avares au niveau de la presse. Mais le phénomène existe depuis pas mal d'années.
Tu as envie de réagir, de faire quelque chose ?
Tout ce que je peux faire, c'est essayer d'être le meilleur dans ce que je fais. Montrer vraiment que n'importe qui peut….Et peu importe ta couleur. Chacun a sa chance.
Un peu comme contre Barcelone en Champions League ; c'est une vrai boucherie ces huitièmes de finale, non ?
Ça va être une grosse rencontre parmi tant d'autres ! Parce que si on passe, il y aura un gros match derrière. J'ai toujours rêvé d'aller jouer au Nou Camp. J'espère que je serais bien physiquement ce jour-là .
Dans quel état d'esprit abordes-tu ce second printemps européen consécutif, sachant que le premier fut assez incroyable pour toi, avec des buts chaque jour, excepté en finale contre valence ?
Avec beaucoup d'enthousiasme. C'est vrai que l'année dernière avec le Réal, Porto à l'automne, l'Inter, Newcastle, et Liverpool en UEFA au printemps, on a connu des moments forts et intenses. Mais là , quand je vois les matches qui restent, les équipes, je me dis que je vais découvrir encore autre chose.
Chelsea -Barcelone, c'est une affiche de rêve pour les fans. Mais pour les joueurs, ce n'est qu'un huitième de finale ?
Barcelone, c'est ce qui se fait de mieux en ce moment en Europe… avec Chelsea. Après, je m'en fous de croiser un tel ou un tel. Je veux gagner, c'est tout.
Y a-t-il un style de défenseur que tu souhaites éviter ou, au contraire qui te réussit mieux ?
Non, il n’y en a pas ! Là , c'est du haut niveau, c'est du costaud. Les matches se jouent sur un détail. Comme l'année dernière contre Liverpool. Il faut être prêt.
Paradoxalement, après ta blessure, ne lances-tu pas véritablement en ce début 2005 ta saison malgré ton adaptation plutôt réussie?
C'est vrai qu'au niveau de l'état d'esprit, je suis bien dans ma tête. La saison dernière, à partir de janvier, j'avais toujours un pépin. Toujours un peu mal quelque part, donc je ne pouvais pas donner le meilleur de moi-même. Je tirais sur la corde et surtout j'ai arrêté de travailler entre les rencontres, c'était surtout récupération et soins. Je ne pouvais plus progresser. Là , depuis l'opération, je sens mon corps fiable. Je recommence à bosser, donc à progresser.
Au fait, le championnat anglais, c'est plutôt les grands espaces, l'absence de la culture tactique ou…tout autre chose ?
Ce n'est pas de l'absence tactique. C'est plus l'envie de gagner et de jouer. Donc ça laisse des espaces, mais ce n'est pas pour cela qu'il n'y a aucune consigne tactique, bien sûr que non. Ici, même quand tu reçois les derniers du championnat chez toi, ils viennent pour jouer. Je me souviens de Norwich, à Stamford Bridge, c'était ça. En France, quand tu es à Marseille, l'équipe qui arrive au vélodrome, vient pour défendre un point c'est tout. C'est l'état d'esprit surtout qui est différent.
Didier, que ressens-tu face à la situation qui prévaut dans ton pays ?
Je suis né en Côte d'Ivoire et j'ai grandi en France. Je me retrouve donc en plein dedans. J'ai encore pas mal d'amis français qui vivent là -bas, de la famille aussi, bien évidemment. Je suis touché par tout ce qui s’y passe. Il y a beaucoup d'incompréhensions. Entre la réalité des événements et les informations relayées dans la presse, il y a un grand fossé. Je trouve cela dommage. Si je pouvais lancer un message, ce serait le retour au calme. Parce que le pays n'avance pas. Or, il y a beaucoup de choses à tirer de la Côte d'Ivoire.
Source Magazine Planère Foot

