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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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JOHN BARRICK JOHN BARRICK a écrit le 23 mai 2012 à 19h30
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Pourtant nous avons Roger Milla, que le monde entier nous envie. Mais que d’avanies sont infligées à cet homme par les Camerounais qui devaient au contraire lui témoigner, en tout temps, leur attachement ! Peut-il se marier tranquillement, aller comme il l’entend au Bénin, soutenir Blatter ou JL Nang ? Peut-il donner son opinion sur le football au pays ou sur ses dirigeants sans qu’il ne soit rabroué ou, pire, traité de demeuré mental ?

Faut-il rappeler ici que le label Cameroun a éclaté sur la scène internationale et continue de s’y maintenir très largement à cause de Milla ? Faut-il rappeler que chaque fois que nous rasions les murs en Amérique, en Indonésie ou en Arabie Saoudite et ailleurs dans le monde, pointés du doigt comme originaires de la nation la plus corrompue du monde, nous ne perdions jamais l’espoir que quelqu’un, quelque part, se rappelle soudain que Roger Milla était notre frère ?

Faut-il rappeler que la réputation qui est faite aujourd’hui aux Lions indomptables et, par ricochet, aux footballeurs camerounais, tient en grande partie à l’impression qu’il a laissée sur les terrains de football à travers le monde ? Milla reste le meilleur que nous avons eu. C’est lui qui nous a fait connaître en bien. Pas le cacao, ni le coton, ni la corruption.

Si les Américains peuvent tout pardonner à Woody Allen, pourquoi ne pouvons-nous pas pardonner de simples broutilles à Roger Milla, dont l’action a été mille fois plus bénéfique sur la dignité des Camerounais que ne l’aura été pour les Américains le moindre film du réalisateur à bésicles ?

Roger Milla n’est pas obligé de savoir se tenir à table, de construire de beaux discours pour la télévision ou de faire comme s’il n’était pas là. Il n’est surtout pas obligé de plaire à tout le monde car, comme tout dieu, il n’a rien à demander à personne. Qu’il se marie donc autant de fois qu’il voudra, qu’il soutienne qui il voudra, qu’il dise toujours ce qu’il pense : il en a gagné le droit. Nous lui pardonnons tout, et nos enfants lui dresseront une statue.

L. Ndogkoti
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