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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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JOHN BARRICK JOHN BARRICK a écrit le 23 mai 2012 à 19h29
Jalousie et contradictions quand vous nous tenez.

Milla n’est pas obligé…

Roger Milla s’est remarié. La belle affaire ! Et pourtant, on n’entend que critiques et piques de tout genre. Lui en tenons-nous rigueur parce qu’il s’est remarié trop tôt, plus de trois ans après le décès de sa première épouse, ou parce qu’il s’appelle Milla Roger, footballeur extraordinaire qu’un atavisme bien camerounais nous empêche de porter au pinacle et de l’y maintenir sans flancher ? Ou peut-être, par dépit, parce que nous ne supportons pas qu’une seule personne s’accapare cette personnalité qui nous appartient à tous sans exclusive ?

Camfoot.com
27 juillet 2007 | |

Rudyard Kipling était un raciste doublé d’un colonialiste abject. Oscar Wilde, le dandy irlandais, était un pédé libidineux. Les Britanniques en sont toujours toqués. Woody Allen a épousé sa fille, d’origine vietnamienne, il est vrai, mais néanmoins sa fille. Hollywood lui fait un triomphe à tous les coups et lui voue une vénération sans faille. Yannick Noah, plus près de nous, n’a jamais mâché ses mots lorsque l’occasion lui a été donnée de stigmatiser la duplicité de l’opinion française à l’égard des étrangers. Les Français continuent tout de même de le maintenir au top du hit-parade de leurs favoris, et pas uniquement pour sa dégaine de dépuceleur de nonnes.

Tous ces hommes, que des peuples et des générations entières continuent d’adorer sans réserve ont bien évidemment des tares qui affligent à divers degrés la plupart d’entre nous. Mais tous savent faire une seule chose, qu’ils font tellement bien qu’ils forcent l’admiration de la nation et, au fil des années et des siècles, une certaine reconnaissance pour le rayonnement du talent national au-delà des frontières.

Kipling et Wilde savaient tourner une phrase. Le petit juif de Manhattan sait disséquer l’âme américaine. Noah savait taper sur une balle de tennis avec un panache singulier. C’est tout. Qui leur demande plus ? Qui se rappelle, au Brésil ou ailleurs, que Pelé a été un ministre lamentable ? Qui veut même se le rappeler ?

Nous sommes un peuple sans héros. Je sais qu’on a foulé aux pieds les rares symboles politiques qu’on aurait pu adorer, et qu’on s’en enorgueillit. Mais comment comprendre, à l’ère de la médiatisation galopante du football, que la quinzième nation de football au monde n’ait toujours pas son Pelé, son Kocsis, son Kopa ou son Cruyf ?
Merci de patienter...
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